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La pénurie de circuits intégrés devrait perdurer au moins jusqu’à fin 2010

Filière électronique>Semiconducteurs>Composants passifs>Achats>Monde>Conjoncture>
27/04/2010 13:57:42 :

« La crise économique masque totalement ce que nous devrions voir comme un début de haut de cycle de l’industrie du semiconducteur » écrivions-nous dans notre édition du 27 août 2009 ; « Une pénurie renaît en circuits intégrés » annoncions-nous dans notre édition du 4 décembre dernier : la pénurie de circuits s’est bien, depuis, généralisée et touche même maintenant les passifs…
 
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Question : combien de temps cette pénurie va-t-elle durer ? Probablement jusqu’en décembre 2010 au minimum, du moins pour les circuits intégrés avancés … par Jean-Pierre Della Mussia.

Plus personne ne doute aujourd’hui de la réalité de la pénurie de composants malgré un contexte de sortie de crise économique. Dès février de cette année, les analystes financiers savaient que les usines 300mm de TSMC- sous traitant en circuits intégrés ayant réussi à couvrir 70% du marché mondial de la fonderie- tournaient à 110% de leur capacité de production (voir encadré). Ils savaient aussi que TSMC refusait certaines commandes non prévues et celles de nouveaux clients.

Fin mars, presque tous les clients du semiconducteur étaient touchés par cette pénurie. Les circuits avec plus de 25 semaines de délai de livraison pour toute nouvelle commande, aujourd’hui, ne se comptent plus.

Combien de temps cette situation va-t-elle donc durer ?

Il existe deux méthodes pour tenter de répondre à cette question : faire des estimations de la demande, d’une part, et de l’évolution de l’offre d’autre part. Puis comparer. L’hebdomadaire Electronique International était parvenu par cette méthode (très complexe) à annoncer en octobre 2000 une fin de pénurie avec une précision de deux mois tout en bénéficiant d’un facteur chance de près de deux mois. Cette méthode conduit à une précision de presque 4 mois.

La deuxième méthode consiste à considérer que la pénurie va durer, comme d’habitude, 14 mois, et de modifier cette durée en plus ou en moins en fonction des circonstances particulières de la période.

Cette année, ce qui pourrait la raccourcir est incontestablement la crise économique que nous vivons et le chômage dans le monde occidental. Mais il ne se passe pas de semaine sans que les prévisions de croissance mondiale pour 2010 ne soient revues à la hausse. «On» en est aujourd’hui à +4%, ce qui est inférieur à la croissance de 2004 à 2007 mais comparable à celle de la fin des années 90. Vu le dynamisme actuel de la demande en électronique en Chine et en Inde, ce n’est pas là que les acheteurs doivent chercher un espoir (70% du marché de l’électronique est désormais lié à la demande des consommateurs).

Côté risques que la crise dure plus longtemps que d’habitude, par contre, les facteurs sont plus nombreux. Les principaux marchés de l’électronique, tout d’abord, s’annoncent particulièrement dynamiques cette année, aussi bien du côté informatique que télécoms, grand public ou automobile. Sauf imprévu, 2010 sera donc une année faste pour l’électronique, avec un accroissement des besoins en nombre de circuits intégrés dépassant largement la « normale » 2000- 2009 estimée à +10% par an, besoins auxquels il faut ajouter les doubles commandes et la constitution de surstocks de précaution.

Evidemment, l’industrie du semiconducteur est incapable de répondre à ce 10%+++ : lors de la crise de septembre 2008 à juin 2009, dans l’affolement et pour réduire les coûts, 4% de la capacité de production mondiale a été supprimée alors que les usines tournaient à 87% de leur capacité de production au troisième trimestre 2008 (les usines 300mm étaient quasi saturées). Du jamais vu! En 2008 et 2009, les investissements sont en outre tombés respectivement à 30Md$ puis 16,5 Md$, alors qu’ils avaient été normaux, à 46 Md$ en 2007 (en retirant Intel, d’une constance implacable dans ses investissements et qui n’est pas concerné par la pénurie, les chiffres passent à 11 Md$ en 2009 contre 41Md$ en 2007 !). Résultat: en 2010, la capacité mondiale installée en semiconducteurs sera, selon SEMI, égale à celle de 2008 (équivalent de 14 millions de tranches 200mm), et cela avec un déficit fort en circuits sub’ 90nm. Or la demande en nombre de pièces sera largement plus de 15% supérieure à celle de 2008. Là encore, du jamais vu!

Les investissements lancés depuis juillet 2009 ne vont-ils pas tout de même améliorer la situation cette année ?

Si, mais de façon peu sensible car, chez les fabricants sérieux et disposant de bâtiments prêts à recevoir des équipements, il faut 9 mois minimum entre le moment où des investissements sont lancés et celui où les premières pièces correspondantes arrivent chez les clients. Le « coup de rein » de 2 Md$ d’investissement de TSMC au deuxième semestre 2009, le plus important de tous et de loin, va ainsi probablement se traduire par à peine plus d’1Md$ de ventes supplémentaires en 2010. Une goutte d’eau sur un marché assoiffé de près de 300Md$. TSMC, contrairement à d’habitude, ne pourra pas sauver toute la misère du monde cette année. D’autant que les sociétés généralistes dites « fab-lite » (TI, NXP, Infineon, ST, Freescale…) n’investissent pratiquement plus dans de nouvelles usines, facteur aggravant supplémentaire de cette pénurie par rapport à celle de 2000 par exemple. (Gageons qu’avant un an les discussions sur l’importance prise par TSMC dans la fabrication électronique et les risques correspondant alimenteront nombre de conversations).

Il serait tentant, dans ces conditions, de prévoir une fin de pénurie au moins six mois plus tard que d’habitude, c'est-à-dire mi-2011 au lieu de fin 2010. Mais nous n’irons pas jusque là car des équilibres se recréent toujours en cas de crise :
· certaines sociétés d’électronique constituent des surstocks mais ces derniers ne peuvent pas gonfler indéfiniment car leur coût pèse lourd. L’aspect psychologique joue trop pour mesurer le poids de ce paramètre dans le temps.
· des fabricants d’ordinateurs vont diminuer la capacité DRAM de leurs PC par exemple.
· des consommateurs ne vont pas acheter des produits rêvés soit parce que leur prix ne va plus baisser, soit parce qu’il y aura pénurie.

La pénurie de circuits pourrait donc s’atténuer entre fin 2010 et mi 2011. Le premier trimestre est toujours un trimestre de relative faible demande. La pénurie pourrait ainsi s’affaiblir dès février 2011 et provoquer alors des déstockages marquant un retournement de situation. Par contre si, par malheur, elle persistait en avril 2011, son affaiblissement devrait alors être repoussé en août car la demande est toujours forte au deuxième trimestre.

Des acheteurs s’étonnent que la pénurie touche également certains passifs. En fait, le phénomène est le même que pour les semiconducteurs. Entre septembre 2008 et mi 2009, des capacités ont été supprimées pour abaisser les coûts. Il faut maintenant reconstruire pour répondre à une demande qui, en nombre de pièces, ne cesse de croître. Heureusement, en passifs, les temps de réponse sont beaucoup plus courts si des bâtiments susceptibles de recevoir des machines de production existent déjà.

Autre raison entraînant les passifs dans la pénurie: lorsque les spécialistes parlent de surstocks, ils pensent aux composants. Mais, en réalité, les sociétés d’électronique font aussi des surstocks de produits finis pour être sûrs de pouvoir livrer à temps leurs clients. Ce qui conduit, pour les fabriquer, à une augmentation de la demande de tous les composants, qu’ils soient semiconducteurs ou passifs.

JP Della Mussia

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Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez contacter Jean-Pierre Della Mussia à l’adresse suivante : jpdmjp@yahoo.fr


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Une usine peut-elle vraiment tourner à 110% de sa capacité de production ?

Pendant un certain temps, oui. Lorsque la situation est tendue comme actuellement, il est tentant de lancer chaque jour en production plus de lots de tranches de semiconducteurs que la normale. 10% de plus par exemple. Durant les premières étapes de fabrication, il n’y aura pas de problème. Les premières machines utilisées dans le processus de fabrication sont peu coûteuses et sont donc en principe présentes en nombre suffisant pour tout absorber. Puis arrivent les étapes délicates, avec des machines hors de prix. Il y aura alors des « bouchons » qu’il va falloir gérer et qui vont augmenter les temps de cycle de fabrication. Mais ces machines seront exploitées à fond. Il faut normalement un mois et demi pour fabriquer un lot de tranches. Avec bouchons, il peut falloir deux mois, ou même plus, ce qui augmente les délais mais permet de produire un peu plus.

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Nos articles sur la conjoncture :

Conjoncture : les gros espoirs actuels sont à modérer …sauf en semiconducteurs : 27 août 2009

« Une pénurie renaît en circuits intégrés » : 4 décembre 2009

L’approvisionnement en composants semble échapper à tout contrôle : 15 avril 2010

Les commandes des sous-traitants ne sont réalisées qu’à 70%, faute de composants : 16 avril 2010

ÉDITION du 27/04/2010
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