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Conjoncture : les gros espoirs actuels sont à modérer …sauf en semiconducteurs

Filière électronique>Semiconducteurs>Monde>Conjoncture>
27/08/2009 10:16:50 :

« Sortie de crise » : cette expression, devenue fréquente depuis deux semaines, est malheureusement sans doute trop forte pour refléter la réalité actuelle ; par contre, en semiconducteurs, les sous–investissements de ces dernières années vont bientôt conduire à des manques de capacités de production, favorables à des augmentations de prix
 
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par Jean-Pierre Della Mussia.

La conjoncture de l’industrie électronique reste dépendante des immuables quatre strates économiques : l’économie générale, l’industrie des matériels électroniques (celle qui consomme des composants, désormais liée à plus de 70% à la consommation des ménages) l’industrie des composants, et enfin celle des matériels et matériaux servant à la fabrication des composants. Sans discussion possible, le souci n°1 reste actuellement la conjoncture économique générale. Cette crise masque totalement ce que nous devrions voir comme un début de haut de cycle de l’industrie du semiconducteur.

Nombreux sont les organismes de statistiques et personnalités politiques à parler depuis deux semaines de sortie de crise, en particulier en Allemagne, au Japon et en France. Ils se basent malheureusement pour cela sur des chiffres de court terme auxquels on peut faire dire ce que l’on veut. Ils font en particulier plus de comparaisons de situations d’un mois sur l’autre ou d’un trimestre sur l’autre qu’entre aujourd’hui et avant la crise. Ce qui empêche de voir où on en est.

La réalité est que le chômage augmente toujours, moins vite, certes, qu’il y a trois mois, mais il augmente, aussi bien aux Etats Unis qu’en Europe et même en Chine (dont le PNB dépend à 65% de ses exportations). Or le bon sens devrait nous dicter que des consommateurs qui voient le chômage augmenter autour d’eux n’ont normalement pas tendance à augmenter leurs dépenses, bien au contraire. Pourquoi donc ce décalage de perception ?

Retour à la normale des stocks dans l’industrie

L’explication est à chercher du côté du retour à la normale des stocks dans l’industrie (ou du moins 10 à 20% en dessous de la « normale » car la consommation finale reste tout de même faible). Or qui dit retour à la normale dit retours de commandes, des commandes parfois fortes en cas d’urgence, certains dirigeants s’étant laissés surprendre. Revenons donc sur le pourquoi de l’impression de crise catastrophique vécue depuis octobre dernier dans nos industries. Prenons l’exemple de l’automobile qui a mis deux mois à se rendre compte, au troisième trimestre 2008, que la demande ralentissait. Elle s’est ainsi retrouvée, à partir d’octobre 2008, avec d’énormes stocks de voitures sur les bras… et a alors réduit drastiquement ses commandes à ses fournisseurs équipementiers. Bien entendu, le temps de réagir, les stocks de ces derniers, jusque là « normaux », se sont envolés ; en amont, les commandes de composants ont ainsi souvent été réduites de 50% au pire de la crise en France, d’après ce qui nous a été rapporté. Parfois plus ! La situation a été semblable pour les chaînes d’approvisionnement des autres secteurs, avec toutefois des amplitudes moindres en mobiles et en informatique. (Mais la réduction des stocks dans la chaîne d’approvisionnement de l’avionique – et celle du matériel militaire- reste encore forte en France alors que le nombre d’avions qui sera fabriqué cette année sera à peine inférieur à celui de l’an passé… Seul le spatial semble épargné.)

Hors matériels professionnels, il était logique que ces réductions de stocks se terminent au bout de quelques mois. Nous avions estimé en janvier dernier que la fin de la période de baisse des stocks aurait lieu vers juin. En fait, elle a commencé en avril et se termine maintenant, toujours hors matériels professionnels et industriels. Si bien que, depuis avril, tout semble aller de mieux en mieux dans les chaînes d’approvisionnement. D’autant qu’en aval, chez les équipementiers par exemple, le retour des commandes impose en parallèle des reconstitutions de stocks, ce qui gonfle temporairement la demande par rapport aux vrais besoins.

En janvier dernier, nous avions aussi estimé que la chute du marché des industries électroniques serait en fin d’année de 10 % par rapport à la période d’avant la crise (mi- 2008). Nous maintenons notre estimation en dépit du regain d’optimisme actuel. (Entre temps, le cabinet Décision a prévu une chute de 8%, uniquement pour l’année 2009).
Cela dit, dans le passé, quand il se disait qu’il allait y avoir une pénurie de semiconducteurs, tous les acheteurs commandaient plus que leurs besoins, ce qui provoquait effectivement des pénuries mémorables. Il est donc possible d’imaginer que des dirigeants d’entreprises, convaincus par des médias et autres que la crise est presque finie, arrêtent de réduire les effectifs et reprennent même certaines embauches, ce qui induirait alors effectivement une sortie de crise. Mais aucun chef d’entreprise que nous avons rencontré récemment (sauf un) n’en prend le chemin. L’extrême prudence prévaut.

Vers une augmentation des prix des circuits avancés

Il existe pourtant une industrie qui se distingue actuellement par une relative meilleure santé : celle du semiconducteur. Déjà, en 2008, elle avait quasi coupé ses investissements (hors mémoires et microprocesseurs), comme si elle s’attendait à des jours sombres (en fait, c’était pour répondre aux demandes d’économies des actionnaires). Rebelote en pire cette année jusqu’en juillet.

Résultat : Avec des chiffres d’affaires semiconducteurs de juin 2009 inférieurs de 20% à ceux de juin 2008, le taux d’occupation des usines 300mm- le seul qui compte désormais ou presque pour les cycles de conjoncture- est remonté au deuxième trimestre à 92% ! Bien entendu, depuis juillet, c’est le branle bas de combat côté investissements: les grands de la fonderie, les Japonais et les Coréens (Intel, aux Etats Unis, maintient un rythme d’investissement plus régulier) repassent des commandes bien qu’à un niveau que l’on pourrait qualifier de normal et non de rattrapage. Mais ces équipements ne pourront au mieux produire qu’au bout de 9 mois, c'est-à-dire en avril 2009. Que va-t-il se passer entre temps ?

La rareté des moyens de production 300 mm va inévitablement conduire à des augmentations de prix des circuits avancés. Des délais de livraison vont ponctuellement s’allonger, ce qui est d’ailleurs déjà le cas pour certains types de mémoires. Nous n’irons toutefois pas plus loin : il faudrait que les commandes de produits 300mm augmentent de près de 10% en quantités pour qu’un risque de pénurie plus généralisé puisse être craint. Or 10% de croissance, cela fait une belle latitude en pleine crise !

JP Della Mussia

Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez contacter Jean-Pierre Della Mussia à l’adresse suivante : jpdmjp@yahoo.fr
ÉDITION du 28/08/2009
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