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Inévitable ? Une pénurie renaît en circuits intégrés

Semiconducteurs>Monde>Conjoncture
04/12/2009 10:42:18 :

Nous n’avions plus vu cela depuis fin 1999 : 20 semaines ou même ponctuellement 25 semaines - 6 mois - avant de pouvoir être livrés de certains circuits intégrés en technologie avancée dans le cadre d’une nouvelle commande non planifiée! Beaucoup d’observateurs croient qu’il s’agit là de phénomènes ponctuels et ne craignent pas de généralisation de cette pénurie : après tout, certains analystes ont cru déceler une amorce de pénurie grave à deux reprises depuis le fameux dernier trimestre de 2000 et ces pénuries ponctuelles se sont rapidement évanouies…
 
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Alors, pourquoi cette fois–ci serait-elle différente, de surcroît en pleine crise économique générale ? Nous sommes en fait face à un concours de circonstances qui n’est guère rassurant pour les acheteurs… par Jean-Pierre Della Mussia.

Nous avions l’habitude, dans le passé (fin du 20ème siècle …), de vivre des cycles du semiconducteur, c'est-à-dire des phases successives de surinvestissements et de sous –investissements provoquant des écroulements de prix ou au contraire des pénuries. Ces cycles ont été complètement atténués depuis 2000 en raison de l’apparition de nouveaux acteurs, les fondeurs - ou sous-traitants de la fabrication de semiconducteurs -, en particulier de TSMC qui a révolutionné le métier.

A l’origine, les fondeurs travaillaient pour les fabricants de semiconducteurs qui ne souhaitaient pas fabriquer eux-mêmes, les fabless. Mais les fondeurs ont su rationaliser leurs productions et baisser leurs coûts à un niveau tel que les sociétés de semiconducteurs traditionnelles ont fini, elles aussi - surtout à partir de 2002- par utiliser leurs services pour les décharger de surcroîts de travail ou de certaines productions non rentables en interne. Le métier de fondeur « généraliste » a alors pris son envol et presque tous les fabricants de semiconducteurs à part Intel (et encore…), Samsung, IBM, les Japonais et les fabricants de mémoires sont devenus clients de TSMC ou, dans une moindre mesure, d’UMC. Si bien que TSMC –qui a toujours demandé à ces sociétés des plans de charge les plus précis possibles- a obtenu une visibilité exceptionnelle sur la demande mondiale à venir en circuits intégrés. La société a ainsi pu planifier ses investissements en conséquence, et avec une relativement grande précision, grâce il est vrai à un coup de pouce du gouvernement taïwanais qui lui a permis de descendre son temps de réponse à 9 mois contre deux ans auparavant (voir encadré en fin d’article).

Devant ce succès, les fabricants de semiconducteurs ont modifié leur modèle économique. Avant 2002, ils consacraient 18% à 25% de leur chiffre d’affaires à leurs investissements. En 2002, TI a, le premier, décidé de ramener ce chiffre à 10%. Il a été suivi par tous les fabricants généralistes du monde occidental, le dernier étant STMicroelectronics, vers 2005. Seuls les fabricants de microprocesseurs et de mémoires plus Samsung et Toshiba ont finalement gardé leur entière indépendance (IBM est un cas à part). En dehors de ces sociétés, la majorité des circuits logiques produits sur tranches 300mm est finalement aujourd’hui fournie par TSMC (70% du marché de la fonderie) ou par UMC et quelques autres. Ce qui, bien entendu -mais personne ne veut l’avouer- est assez dangereux.

Par quel(s) phénomène(s) TSMC ne pourrait-il plus aujourd’hui servir d’amortisseur de crise?

Le premier phénomène a sa source dans une réunion d’actionnaires du numéro deux de la fonderie, UMC, fin 2007. Ces derniers ont alors fait comprendre au management qu’ils en avaient assez qu’UMC s’épuise à vouloir prendre des parts de marché à TSMC et à ne pas gagner d’argent. Priorité devait être donnée à la rentabilité, donc au ralentissement des investissements et à l’arrêt des « efforts » sur les prix. Ce voyant, les actionnaires de TSMC, en février 2008, ont aussi demandé à TSMC de faire des investissements « au plus juste » afin d’améliorer une rentabilité jugée un peu trop irrégulière. 2008 aura ainsi été une année particulièrement calme au niveau investissements, aussi bien au niveau général (-31%), qu’au niveau TSMC (environ 15% du chiffre d’affaires au lieu de 28% environ habituellement). Au niveau général, la plupart des projets d’investissements ont en outre été reportés à…2009 ! Puis est arrivé La Crise. Plus question d’investir non plus en 2009, chez TSMC comme ailleurs. Au contraire : 49 usines de semiconducteurs auront été fermées d’ici la fin de l’année 2010 dans le monde selon SEMI! TSMC lui-même n’a investi que 250M$ durant le premier semestre à notre connaissance. Ce qui est logique : les clients déclaraient n’avoir aucune visibilité. Pourquoi TSMC aurait-il pris un risque ?

Durant la phase de reprise de mars à juin, la demande a probablement été jugée comme un retour progressif à la normale. Mais ce retour s’est vraiment consolidé en juillet, sans perspectives de ralentissement (marché en retrait de 10% environ en nombre de pièces à cause de la crise, mais un retrait superposé à une croissance de 10%, comme chaque année, du fait de la dynamique des semiconducteurs). Cette croissance en nombre de pièces portait toutefois en elle un déséquilibre : elle concernait presqu’uniquement des circuits avancés (technologies à motifs inférieurs à 90nm), donc produits sur tranches de 300mm, celles-là même sur lesquelles on n’investissait que très peu depuis plus de 15 mois! TSMC a alors décidé de revenir aux investissements annuels prévus, à savoir 1,5 Md$. Puis des premières pénuries ponctuelles sont apparues en technologie 40nm en juillet- août. Les fabricants de semiconducteurs n’annonçaient alors aucune reprise de leurs investissements. (A titre d’exemple, STMicroelectronics n’investira cette année en principe que 500M$ selon ses déclarations, c'est-à-dire le coût de la maintenance de ses usines). TSMC a cette fois-ci déclaré qu’il allait faire passer ses investissements à 2,7 Md$. Décision sans doute trop tardive puisqu’il faudra attendre au moins 9 mois pour en obtenir les premiers circuits. D’autant plus que, oh surprise, le marché a continué à progresser en septembre et octobre, ce qui a eu pour effet de saturer les usines 300mm de TSMC… et les autres.

Cette demande inattendue est-elle normale ?

Nous ne le croyons pas. Certains gros clients ont sûrement constaté les difficultés des fondeurs à accepter de produire dans les temps au niveau demandé. Par prudence, ils ont donc probablement gonflé leurs commandes par rapport à leurs besoins, ce qui a eu pour effet d’aggraver le problème. On retiendra donc que ce dernier trimestre aura connu des « reconstitutions de stocks » que nous qualifierons de « constitution de surstocks » (ou stocks de précaution) pour tenir en cas de généralisation de la pénurie… qui s’est aggravée en novembre.

Que risque-t-il donc de se passer dans les mois à venir ?

Si l’on extrapole ce qui s’est passé lors des crises précédentes, la situation risque d’empirer au moins jusqu’en juin prochain ; d’autant plus que les fabricants d’équipements de semiconducteurs ont réduit leur point mort et ne pourront pas livrer « en un temps record » ce que tous les fabricants de semiconducteurs vont probablement leur demander en même temps.

Y a-t-il une chance pour que le phénomène se résorbe malgré tout?

Nous ne voyons guère qu’un nouvel accident de conjoncture générale qui puisse stopper l’affaire. Certes, la demande est traditionnellement faible entre décembre et mars, mais cette faiblesse a toutes les chances d’être masquée par des restockages l’année prochaine.

Deux fois, depuis 2001, avons-nous vu les capacités de production franchir les zones d’alertes et une vraie crise ne s’est pas amorcée pour autant. Chaque fois, l’explication est venue de l’extraordinaire capacité de réaction de la fonderie. Nous venons de voir que, ce coup-ci, elle semble prise en défaut. A moins que nous oubliions ou ignorions un paramètre important…

Retenons tout de même que c’est la première fois que nous sommes entrés dans une vraie crise, au troisième trimestre 2008, alors que les capacités de production étaient déjà proches de la saturation (87,1%, selon le SICAS). Les sous-investissements notoires auront en outre duré au moins 15 mois. C’est du jamais vu et ne peut pas être sans conséquences.

Tous les circuits vont-ils être touchés de la même façon ?

Non. Dans un premier temps, il ne devrait pas y avoir de pénurie sur les produits à motifs supérieurs à 90nm fabriqués sur tranches de 200mm ; pour eux, les capacités sont encore légèrement excédentaires. Mais l’expérience montre que, en cas de doute, les clients augmentent non seulement leurs stocks de produits sensibles, mais ensuite celui de leurs produits finis, de peur de ne pas pouvoir fournir dans les délais leurs propres clients. Ce sont alors tous les composants qui connaissent un surcroît de demande. L’ensemble de l’année 2010 risque donc de s’annoncer difficile pour les acheteurs.

JP Della Mussia

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Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez contacter Jean-Pierre Della Mussia à l’adresse suivante : jpdmjp@yahoo.fr
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Faire passer le temps mort entre investissement et production de 2 ans à 9 mois

Avant 2000, il fallait au moins deux ans entre le moment où l’on décidait d’un investissement et celui où le fabricant de semiconducteurs obtenait des circuits en grandes quantités avec un rendement acceptable. Une période trop longue pour adapter des moyens de production à la visibilité des clients, cette dernière ne dépassant que rarement quelques mois. TSMC a eu le mérite de ramener, le premier, ce temps de réponse à 9 mois, simplement en construisant à l’avance des bâtiments prêts à recevoir des machines lorsque la demande se faisait pressante. Auparavant, cela ne se serait pas fait car cela aurait conduit à des investissements qui n’auraient rien rapporté en attendant « la prochaine reprise ». Mais, au début de la décennie, le gouvernement taïwanais a disposé d’un budget annuel de l’ordre de 1Md d’€ pour soutenir son industrie du semiconducteur et cet argent a été en partie utilisé pour payer les intérêts d’emprunts souscrits pour édifier des bâtiments en attente de machines… TSMC a réussi là un beau coup car il a pu prendre des commandes avant les autres dès que l’occasion s’est présentée!
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ÉDITION du 04/12/2009
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