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Semiconducteurs : ce que veulent les analystes financiers

Semiconducteurs>Monde>France>Conjoncture>Etude de marché>Stratégie
21/11/2007 12:29:55 :

A l’occasion du 11e sommet européen de la microélectronique organisé la semaine dernière à Paris par le Sitelesc, Jérôme Ramel, analyste financier chez Exane BNP Paribas en charge des semiconducteurs, a dressé le portait type des valeurs du semiconducteur prisées par les investisseurs financiers.

L’analyste conseille aux fabricants de semiconducteurs intégrés (IDM) de faire davantage appel aux fondeurs, conservant un ratio investissement sur chiffre d’affaires de seulement 10% et d’investir davantage dans la R&D. Pour Jérôme Ramel, ce sont l’innovation et marketing qui font la différence, l’industrie du semiconducteur étant avant tout une économie de l’offre (voir le succès de l’iPod qui a créé son marché). Et de citer l’exemple de Broadcom, qui en dépit d’une faible marge au 3e trimestre (un EBIT de 3%) et malgré des dépenses de R&D qui atteignent 37% des ventes, enregistre un parcours boursier impressionnant. Une prime est également donnée aux entreprises qui engagent des programmes de rachat d’actions « pour apporter leur cash flow aux investisseurs ». Plus que la taille de l’entreprise, c’est leur part de marché qui séduit les investisseurs. Leur choix se porte tout naturellement sur les leaders de leurs secteurs, comme ASML ou ARM en Europe, puisque leurs positions leurs permettent de garder le contrôle de leurs prix, de leurs marges …
 
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et de celles de leurs poursuivants. Et de citer l’exemple d’Intel face à AMD. Pour autant, les valeurs du semiconducteur ne sont pas les plus prisées des investisseurs en Bourse. Après le yo-yo des année 2000, les performances boursières des valeurs du semiconducteur (indice SOXX) sont plutôt atones depuis 2004. Et à l’examen des performances individuelles sur les 13 dernières années, on ne comprend pas toujours pourquoi certaines valeurs européennes baissent quand d’autres s’envolent.

A retenir également dans le programme du sommet, l’intervention d’Alan Campbell, directeur financier de Freescale, qui a fait part de son expérience positive de manager une entreprise sous la coupe des fonds privés d’investissements. En 2006, 25,5% des fusions-acquisitions ont été le fait des fonds privés d’investissement.

Bertrand Cambou, un des trop rares français à diriger une entreprise mondiale du semiconducteur, en l’occurrence le fabricant américain de mémoires flash Spansion, a fait part de son intime conviction que les mémoires flash NOR à charges piégées commenceront à remplacer les mémoires Drams d’ici quelques années, ne serait-ce que pour des considérations écologiques. Le président et CEO de Spansion a donné l’exemple des immenses parcs de serveurs des moteurs de recherche type Google, Yahoo, etc.). Si l’on remplaçait seulement 10% des Drams (qu’il faut rafraîchir un fois par jour) de ces serveurs par des flash NOR, le gain annuel en économie d’énergie serait déjà de 1,5 milliard de dollars !

Retenons également l’optimisme communicatif de Jean-Philippe Dauvin, Chief Economist Emeritus chez STMicroelectronics et consultant chez Décision, qui a listé les raisons objectives de continuer de croire qu’il est possible de recruter, d’innover, de produire et de vendre en Europe. Un exemple : la Chine, qui fait peur à la profession, ne pourra rattraper avant longtemps les pays occidentaux en matière de R&D, simplement parce qu’elle ne forme dans ses universités que 3,4 millions d’ étudiants par an, contre 17 millions pour l’Europe (dont 2,275 millions en France) et 14,3 millions aux Etats-Unis.

Un mot aussi sur l’analyse du marché des services de fonderie, qui devrait représenter 30% de la production totale de semiconducteurs en 2011. Selon James Hines, directeur de recherche chez Gartner Dataquest, contrairement aux idées reçues, il y a de moins de moins de nouvelles conceptions d’Asic ou de circuits dédiés à une application (ASSP) et la plupart de ces circuits seront fabriqués à partir de process matures (60% des Asic conçus aux Etats-Unis seront produits en technologies 90 nm et plus en 2010). Dans ce contexte, la moitié des ventes des fondeurs en 2006 (21,6 milliards de dollars) ont concerné en fait des productions en technologies 0,13 à 0,18 µm. C’est pourquoi les fondeurs investissent de plus en plus dans les technologies matures (voir le rachat des machines 200 mm de l’usine d’Atmel outre-Manche par TSMC), abaissant ainsi au cours des années leur budget d’investissement.

Nous reviendrons également dans une autre édition sur l’analyse de la conjoncture et les prévisions du cabinet d’études américain IC Insights.
ÉDITION du 21/11/2007
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