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TV en relief : une réalité pour des niches de marché dès 2011

Grand public>Recherche et développement>Stratégie>
10/06/2009 14:57:54 :

VIPress démarre aujourd'hui la publication d'une série d'articles de prospective sur les grandes tendances technologiques que nous publierons au gré de l'actualité, de vos attentes et de vos envies ; Jean-Pierre Della Mussia, -conseiller éditorial de luxe de votre quotidien-, ouvre le bal en consacrant un article fouillé aux promesses de la 3D, mise en lumière la semaine dernière à l'occasion de la conférence –exposition « Dimension 3D » qui s’est tenue à Pantin, près de Paris.

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L’arrivée de films 3D dans certaines salles de cinéma ne signifie pas que la télévision va pouvoir s’emparer de cette technologie à court terme ou même à moyen terme pour des diffusions de programmes 3D en continu. Mais des niches de marché sont sur le point de s’ouvrir pour la TV en relief. Parmi celles proches du grand public, citons la retransmission d’évènements en direct (en salle de cinéma ou chez des particuliers par internet), la diffusion de films 3D (par DVD ou en VOD) et les jeux. La NHK a par ailleurs commencé à diffuser ponctuellement au Japon des émissions en relief pour des passionnés de nouvelles technologies prêts à accepter d’assez lourdes contraintes (coûts, lunettes, fatigue visuelle) pour suivre ces programmes. Naissance de standard (s ?) TV 3D et apparition d’écrans adaptés en 2010 devraient en tout cas relancer la machine dès 2011.

En matière de relief, la France dispose d’un savoir faire de niveau international pour tout ce qui est réalisation de programmes, comme l’a démontré la conférence –exposition « Dimension 3D » qui s’est tenue la semaine dernière à Pantin, près de Paris, sur le thème de l’ « image 3D relief » (35 exposants, tout de même, bravo !). Elle abrite également un opérateur particulièrement motivé à développer cette technique sur ses réseaux, Orange. Nos sociétés fabricants de matériels dédiés se comptent par contre sur les doigts d’une main.

Sauver le cinéma en salle

« Faire revenir les spectateurs dans les salles de cinéma ». Il s’agit là d’un des plus gros soucis d’Hollywood depuis plusieurs années. Avec l’apparition de la TVHD, à qualité voisine du film 35 mm, le risque de désertion des spectateurs est même devenu encore plus aigu. Or le futur cinéma à très haute définition 4K ou même 8K ne sauvera pas la mise car des écrans LCD sont déjà faisables industriellement dans ces définitions. Les grands studios américains ont ainsi reconsidéré l’exploitation de la technique du relief, hors de portée de la TV de grande diffusion pour longtemps. Goutte d’eau qui a fait déborder la vase, il y a deux ans : un film tourné normalement et qui n’avait connu aucun succès est arrivé dans le top dix des hits parades aux Etats Unis une fois « remastérisé » en 3D puis diffusé en relief dans des salles de cinéma adaptées. Hollywood a depuis calculé qu’un spectateur était prêt à payer 5$ de plus pour voir un film dans une version relief. D’où le rush actuel vers la 3D Outre-Atlantique. Y compris pour des versions de films en vidéo de type grand public car Hollywood veut pouvoir bénéficier de ventes de DVD ou de Blu Ray 3D.

Des progrès lents mais des progrès tout de même

Le problème, c’est qu’en matière d’images 3D, les progrès sont lents…
 
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depuis plus de cent ans ! Les tentatives de lancement de films 3D aux Etats Unis et en Russie à la fin des années 60 se sont toutes soldées par des échecs. Des obstacles souvent rédhibitoires existent toujours, dont le port de lunettes, quasi obligatoire. Mais aussi le phénomène de « fatigue visuelle » qui conduit en pratique à un mal de tête au bout de 20 minutes(1).
Des progrès, toutefois, marquent l’histoire du relief et certains sont même devenus déterminants.

· L’apparition des filtres polarisés, il y a une cinquantaine d’années, a conduit à la naissance de lunettes à verres à polarisation croisée qui ne permettent le passage de l’image utile qu’à l’œil concerné, et en couleur : depuis, un écran peut ainsi diffuser les deux images nécessaires superposées, chacune avec sa polarisation.

· Il ya quinze ans sont nées des lunettes électroniques actives ; ici, chaque verre « s’éteint » successivement, lorsque l’image transmise tous les 1/50ème de seconde par l’écran n’est pas destinée à l’œil concerné. Ces « verres » sont de simples LCD uniformes qui laissent ou non passer la lumière, suivant la tension appliquée.

· La technique de prise de vue en relief stéréoscopique (2) est maintenant très bien maîtrisée comme l’a montré la manifestation Dimension3. Il s’agit d’une affaire de spécialistes, mais ces spécialistes existent et ont pignon sur rue (en France, ils tirent leurs revenus de films pour grands spectacles ou institutionnels pour de grandes sociétés qui souhaitent réaliser des films de prestige). Bien entendu, l’apparition de puissants logiciels dédiés leur facilitent désormais le travail.

· La fatigue visuelle, enfin, est actuellement fortement atténuée, non pas en faisant appel à une technique spécifique (ce qui serait théoriquement possible), mais simplement en se contentant d’une prise de vue à relief modéré, un relief dont la « profondeur » est schématiquement comparable à la profondeur de champ de notre œil dans les conditions de visualisation d’une salle de cinéma. Seuls ce que l’on appelle quelques brefs « jaillissements » (grands rapprochements d’objets) sont ainsi désormais tolérés dans un film qui se veut de grande diffusion. Le film 3D « Coraline » -annoncé comme un chef d’œuvre au niveau réalisation et qui est sorti mercredi 10 juin dans nos salles- ne provoquerait ainsi par exemple aucune fatigue visuelle.

Pour les salles de cinéma, l’affaire est donc pratiquement « dans le sac » : l’investissement conduit à « seulement » doubler les coûts du matériel de projection pour une surrentabilité significative. Et, compte tenu du surcroit de plaisir constaté, les spectateurs semblent accepter le port de lunettes, (parfois au dessus des leurs) pendant une heure trente. Hollywood, donc, fonce.

Le chemin de croix de la TV relief a commencé

Est-ce à dire qu’un feu vert à la TV relief peut aussi être donné ? La question est d’autant plus légitime que les fabricants de récepteurs TV LCD se sont rendu compte l’an passé que le surcoût de fabrication d’un récepteur relief pouvait être quasi nul si l’on transmettait une image d’entrelacement sur deux pour l’œil gauche et une sur deux pour l’œil droit (avec, bien sûr, une qualité verticale divisée par deux pour chaque image; mais avec la TVHD et des diagonales d’écrans inférieures à 1,25m, cela peut être acceptable). A charge pour le téléspectateur de porter une paire de lunettes qui éteigne son « verre » droit durant la première transmission puis son « verre » gauche durant la suivante.

En pratique, malheureusement, la situation est très complexe, surtout si l’on veut que ces images 3D soient également visibles en 2D sur les téléviseurs actuels et que les futurs téléviseurs 3D visualisent aussi les programmes 2D classiques sans contraintes. Trois raisons de fond empêchent en outre les chaînes généralistes d’envisager des diffusions en 3D :

· le catalogue des programmes 3D disponibles sur le marché est totalement insuffisant pour pouvoir alimenter une chaîne généraliste et même une chaîne spécialisée dans le cinéma. Seule une chaîne de sport très impliquée dans les émissions en direct pourrait envisager cette possibilité à temps partiel. Pour les autres chaînes, tout dépend de leur volonté de diffuser du « direct », ce qui limite les possibilités à quelques programmes par semaine. Et ce sera comme cela durant les quinze années à venir.

· Le port de lunettes est chez soi rédhibitoire pour tous ceux qui ne sont pas des fanas de technologies (il l’est encore plus pour ceux qui portent déjà des lunettes). Impossible en outre de regarder la TV en relief en famille si l’un de ses membres refuse ce port de lunettes (il verrait une image dédoublée). Il est enfin pénible de « regarder » la TV en relief en faisant autre chose : la vie courante au travers de verres polarisés croisés n’a rien d’idyllique ! Est-il nécessaire d’ajouter que le port des lunettes « actives » précitées, nécessairement plus lourdes et volumineuses, serait dans ce cas quasi impensable. Certes, il existe des procédés de transmission et de visualisation d’images en relief sans lunettes. Citons à cet égard le procédé de la société française Alioscopy, présente à Dimension 3, qui conduit à une très bonne restitution à 3 mètres et avec une tête bien calée latéralement. Mais il ne s’agit pas là de conditions de visualisation très « grand public » (ce n’est d’ailleurs pas le marché visé) et cette visualisation exige 8 canaux de prise de vue… Rappelons à ce propos que Philips a abandonné le développement de ses écrans 3D dits autostéréoscopiques « car le marché de masse ne sera pas là avant dix ou vingt ans » (marché estimé à 100 millions d’écrans en 2015).

· Dernière raison importante enfin pour une chaîne généraliste de ne suivre le développement de la 3D que pour des actions ponctuelles: ce n’est sans doute pas demain que l’on pourra éviter systématiquement tout mal de tête dans toutes les conditions de visualisation.

S’ajoutent, bien sûr, à ces obstacles, des investissements en infrastructures, un coût de diffusion augmenté, le manque de place hertzien sur la TNT…tout cela en admettant que les acteurs concernés arrivent à se mettre un jour d’accord sur une norme de diffusion, ce qui ne va pas du tout de soi pour l’instant.
A court terme, les seuls opérateurs intéressés sont donc ceux qui visent des niches de marchés ou qui cherchent à se donner une image de précurseur (comme Orange qui s’intéresse particulièrement à la transmission d’évènements en direct). Des niches de marché rentables nécessitent toutefois des dizaines de milliers de spectateurs au moins par opération, et même si possible un million pour un Blu Ray. Des normes sont donc nécessaires afin d’éviter toute dispersion des efforts. L’organisme SMPTE s’y emploie d’ailleurs activement.

Une norme « impossible »

A ce jour, la seule caractéristique certaine de cette norme sera sa compatibilité avec le cinéma. Le procédé retenu, du moins dans un temps premier qui durera très longtemps, sera donc à deux canaux stéréoscopiques. Pour le reste, tout est en discussion: certains aimeraient que les lunettes soient passives pour faciliter l’acceptation du relief par les téléspectateurs, d’autres que les lunettes soient actives pour simplifier les écrans (et donc abaisser leur coût) ; certains aimeraient que les écrans soient optimisés pour la 2D avec possibilités 3D alors que d’autres souhaitent l’inverse. Au niveau transmission, plusieurs pistes font aussi actuellement débat. Certains souhaitent transmettre sur le second canal un signal dit « profondeur », complémentaire du premier- et à plus faible débit- afin de pouvoir reconstituer la seconde image sans toucher à l’image principale, lisible par tous les téléviseurs actuels. Une solution apparemment difficile à mettre en œuvre dans toutes les situations. D’autres préfèreraient la transmission de deux canaux indépendants, l’un des deux étant celui reçu par les téléviseurs 2D ; mais tous les moyens à mettre en œuvre pour la transmission devraient alors être doublés. D’autres encore, abandonnant toute possibilité de réception par le parc de téléviseurs existant sans le port de lunettes actives, souhaitent transmettre des demi- images successives (normalement entrelacées) avec les signaux droite puis gauche, ce qui diminuerait la résolution verticale par deux mais permettrait de démarrer des émissions dès demain. L’idée a aussi été émise de garder le système des images entrelacées mais en transmettant deux signaux successifs par « ligne » d’image TVHD.

Chaque groupe de pression agit avec, en arrière pensée, une rapidité de mise en œuvre, une compatibilité avec ce qui existe, une réduction des coûts d’infrastructures ou ceux des téléviseurs, une qualité optimale…ou de compromis. Tout cela en n’oubliant pas la compatibilité Blu Ray.

Le consensus apparaît tellement difficile à établir que même Dolby n’a pas souhaité, lors de Dimension3, avouer pour quelle solution il penchait. A court terme en tout cas, le terrain parait propice à l’émergence de solutions propriétaires, au moins pour les applications professionnelles. Le discours de la société canadienne spécialisée Sensio a été en ce sens très écouté à Dimension 3, d’autant que c’est son procédé qui a été retenu pour une récente retransmission en 3D du spectacle « Don Giovanni » à Rennes.

JP Della Mussia

Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez contacter Jean-Pierre Della Mussia à l’adresse suivante : jpdmjp@yahoo.fr


source: Orange

Dans le cadre de cette prise de vue relief, la distance séparant les deux objectifs est supérieure aux 6,5 cm qui séparent nos deux yeux ; mais c'est comme dans une paire de jumelles : il y a ici un grossissement.

(1) Ce phénomène s’explique par le fait que le rapprochement virtuel d’un objet vers un spectateur le conduit à faire converger sa vision vers un point plus proche de lui alors que l’image, elle, ne reste nette que si sa vision est focalisée sur l’écran. D’où une perturbation du cerveau qui ne sait plus quoi faire et « se révolte » !

(2) Ce relief est le plus courant car il fonctionne en doublant « seulement » les moyens mis en œuvre : il consiste à saisir deux images simultanément à partir d’objectifs séparés de 6,5 cm, comme le sont nos deux yeux ; puis à faire en sorte que chaque œil du spectateur ne puisse voir que l’image qui lui est destinée.
ÉDITION du 11/06/2009
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