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« 2009 devrait être difficile mais pas catastrophique pour l’électronique »

Filière électronique>Conjoncture>
14/01/2009 17:15:56 :

Dans la tempête, mieux vaut avoir des repères : devant l’amoncellement de mauvaises nouvelles depuis la découverte de l’ampleur de la crise financière en septembre dernier et faute de visibilité pour notre industrie qui altère le moral sans fournir de solutions, nous avons demandé à Jean-Pierre Della Mussia, Directeur de la rédaction d’Electronique International de sa création à 2007, son analyse de la conjoncture et les raisons objectives de ne pas baisser les bras ; nous publions ci-dessous sa « mise en perspective » de la crise actuelle, un exercice périlleux qu’il s’acquitte comme toujours avec franchise et conviction ; vous trouverez en fin d’article son adresse électronique pour lui faire part de vos réactions.

La conjoncture de l’électronique est devenue, ces dernières années, très liée à la conjoncture économique générale. 2009 sera donc une année très difficile pour notre secteur. Néanmoins, ce cycle bas ne coïncide pas, contrairement à ce qui s’est passé lors de éclatement de la bulle de 2001 par exemple, à un cycle bas de l’électronique et encore moins à un cycle bas de l’industrie des semiconducteurs. Il pourrait donc « y avoir eu pire »

Ces dernières années, bon nombre de dirigeants européens de nos industries se levaient le matin en pensant d’abord, et dans l’ordre, à l’évolution du cours du dollar, à des changements de stratégie face aux initiatives de la concurrence, à l’évolution du marché, et à l’évolution des taux d’intérêt. Aujourd’hui, l’ordre est bouleversé. L’évolution du marché passe de loin en numéro 1, et le redimensionnement éventuel de l’entreprise pour s’y adapter en numéro deux. Le reste est pour l’instant relégué dans la case des éventuels soucis supplémentaires. Néanmoins, si penser court terme et éventuelle survie de l’entreprise est normal par les temps qui courent, le problème du développement de l’entreprise sur le long terme ne peut pas être éludé. Il s’agit aussi de ne pas sur-réagir à une situation présente d’apparence souvent catastrophique et de profiter des à côtés de la crise pour être encore mieux positionné lorsque « nous y verrons plus clair ».

Le marché de l’électronique est jugé catastrophique actuellement non seulement au vu de la faiblesse des carnets de commandes mais aussi du fait du manque de visibilité sur son évolution à moyen terme. Pourquoi cette anomalie ? Il ne faudrait surtout pas se réfugier dans l’idée que tout est encore aujourd’hui de la faute du monde financier et qu’il faudra d’abord que ce dernier résolve ses problèmes. En fait, avant septembre 2008, en pleine crise financière, tout ou presque allait tout de même très bien. La croissance économique mondiale oscillait autour de 4% en rythme annuel (contre à peine plus de 3% dans les années 90), le chômage était partout stable ou en régression et, pour l’électronique, tous les secteurs ou presque proposaient de nouvelles tentations à la fois au public (écrans plats, téléphones Internet, netbooks, jeux, automobiles suréquipées…
 
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) et aux entreprises (économies d’énergie, solutions carte à puce ou NFC…). En l’espace de trois mois, tout a basculé. Tout, c’est en fait la confiance des populations dans leur avenir face aux coups de frein annoncés par les entreprises dans leurs activités. Or qui doute de son avenir repousse des achats qui peuvent être facilement reportés de quelques mois. Au premier rang desquelles ceux qui portent sur de grosses sommes, à savoir l’automobile (réaction immédiate possible), et l’immobilier (qui exige souvent une revente-achat s’étalant sur plusieurs mois) ; puis, si la situation ne s’améliore pas, la réaction porte sur les petits plaisirs de la vie courante parmi lesquels figurent en bonne place les produits électroniques précités et les voyages. Rien d’étonnant, dans ces conditions, que les entreprises d’électronique constatent depuis trois mois un « trou d’air » sur leurs marchés.

Ce trou d’air est venu et vient encore du fait que tout le monde a repoussé ses achats en même temps, donc que de nombreuses industries, dont l’automobile, se sont retrouvées avec des stocks de produits finis anormalement élevés (entre le moment où une décision de repousser un achat est prise dans la tête d’un consommateur et le moment où les fournisseurs s’en rendent compte puis donnent un coup de frein à leur production, il s’écoule plusieurs semaines…). Bien entendu, qui dit stocks élevés dit stocks à dégonfler, donc coupure brusque des commandes aux fournisseurs. Les équipementiers se sont ainsi retrouvés aux premières lignes de la crise ainsi que leurs propres fournisseurs, les fabricants de composants, qui ont parfois vu leurs commandes en provenance du secteur automobile chuter de 70% en novembre par exemple!

Quand ce trou d’air va-t-il disparaître ? Cela dépend des secteurs. Il faut d’abord que les stocks de produits finis reviennent à des niveaux jugés raisonnables. Or la durée de cette phase varie suivant les secteurs. Mais elle se calcule et est en principe annoncée aux fournisseurs. Après le trou d’air viendra le retour à un marché plus structurel mais affaibli par la crise générale. Pour l’automobile par exemple, il va sûrement falloir tabler sur un marché de l’automobile 2009 inférieur de 10% à 15% au régime de croisière des 8 premiers mois de 2008. Sachant que l’électronique pénètre chaque année un peu plus dans l’automobile, la chute de marché de ce secteur vu par les vendeurs de semiconducteurs par exemple devrait être légèrement inférieure à 10% en régime annuel (en nombre de pièces) une fois le trou d’air évanoui. Ce chiffre estimé à partir de ce qui se dit et se déduit dans l’automobile (en comparant avec des situations passées les plus similaires possibles), pourrait il être encore plus mauvais ? Oui malheureusement, même si c’est peu probable avec un PNB mondial annoncé par les spécialistes en croissance de 1% cette année. Cela viendrait sûrement moins d’ailleurs du fait que les populations, dans le monde, sont devenues plus pauvres à cause de leurs pertes – virtuelles pour l’instant – sur leur portefeuille boursier ou de Sicav, que des incertitudes de chacun sur l’évolution du travail des membres de leur famille ; d’une envie d’épargner plutôt que de dépenser. Cette non-confiance va en effet rester entretenue dans les mois qui viennent par les annonces de difficultés reflétées dans la presse et par des annonces de licenciements autour de soi. Il serait donc légitime de craindre que le pire soit à venir et qu’il dure de nombreux mois. Plans de relance ou pas. Les plans de relance ne jouent en effet que peu sur la confiance des consommateurs car ils sont jugés comme étant faits « pour les autres ». Sauf à être massifs au point de ruiner les Etats (on s’y achemine peut être…). Heureusement que les trous d’air de conjoncture seront presque tous, eux, terminés ce semestre. De ce côté-là, le pire n’est plus à venir.

Tous les secteurs de l’électronique seront-ils concernés ? Presque tous malheureusement.
65% de l’électronique mondiale est en effet liée à la consommation des ménages (les marchés des notebooks et netbooks ont rejoint ce type de marché, de même que l’automobile), 25% à l’investissement des entreprises (industriel, informatique de bureau, réseaux télécoms…) et seulement 10% aux commandes liées à l’administration, par nature stables ou même parfois devenus « instruments de relance » (militaire, médical, spatial, certaines cartes à puce et même, souvent et bien qu’indirectement, ferroviaire). 90% de l’électronique mondiale est donc prise dans la tourmente. Des prévisions évoquées de chute de marché de l’électronique pour 2009 de près de 10% en nombre de pièces sont donc crédibles.

Et les circuits intégrés dans tout ça ?
L’année 2009 sera bien entendu mauvaise aussi pour eux, mais rien à voir avec la terrible crise de 2001. En septembre dernier, des petits surstocks n’existaient dans la chaîne d’approvisionnement que chez certains fabricants de semiconducteurs (ils ont bien entendu décollé depuis à cause du trou d’air précité dans les commandes. En semiconducteurs, le temps nécessaire entre commande et livraison est de trois mois. Force est donc d’anticiper. Et qui dit mauvaise anticipation dit en général stocks). Au troisième trimestre 2008, les usines 300mm tournaient encore à 96% de leur capacité de production nominale. Les investissements en équipements de fabrication ayant été historiquement très faibles depuis fin 2007, les capacités de production 300mm vont à peine croître en 2009. Si bien que, une fois le trou d’air passé, à la prochaine rentrée, ce taux devrait revenir vers ces 96%, la chute de marché étant compensée par l’augmentation relative des besoins en circuits à gravures fines. Le taux d’utilisation des usines 200mm, lui, dépendra du rythme des fermetures d’usines qui sont de toute façon déjà prévues ou envisagées. Mais, encore une fois, les investissements ont - par chance car personne n’avait prévu la crise actuelle - été réduits dès fin 2007. Ces fermetures d’usines ne devraient donc être que « légèrement » accélérées.

Oubliées, donc, aujourd’hui le cours du dollar et l’évolution des taux d’intérêt parmi les soucis des dirigeants de nos entreprises ? Impossible. Un dollar faible lamine en effet les marges et amplifie la crise pour les sociétés européennes. Des taux d’intérêt forts freinent leurs investissements et assombrissent leur avenir. Parmi tous les scénarios possibles évoqués par les économistes, le plus crédible et précis nous semble être celui de Véronique Riches-Flores, Chef économiste à la Société Générale. Cette dernière s’attend à une situation à inflation - déflation proche de zéro au printemps 2009 suivie d’une forte reprise de l’inflation à échéance de quelques mois. En cause, l’augmentation des dépenses publiques et la création monétaire dans de nombreux pays dans le monde (la planche à billets a déjà recommencé à fonctionner, particulièrement aux Etats Unis).

Pour le dollar, si Madame Riches-Flores voit juste, il faut ainsi s’attendre à une hausse favorable (pour nous) de printemps - quand notre Banque Centrale Européenne aura décidé de baisser à son tour ses taux d’intérêts - suivi d’une nouvelle hausse quand la presse commencera à évoquer un retour de l’inflation aux Etats Unis (ce qui obligerait la FED à augmenter ses taux, bien avant la BCE). Par contre, si l’inflation devait se généraliser - et elle ne pourra que se généraliser - des problèmes de confiance dans telle ou telle monnaie devraient supplanter tout aspect taux d’intérêt dans l’évolution des cours des monnaies. Cette dernière redeviendrait alors une loterie, comme la plupart du temps, malheureusement.

J P Della Mussia

Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez contacter Jean-Pierre à l’adresse suivante : jpdmjp@yahoo.fr



ÉDITION du 15/01/2009
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