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L’Etat impulse fortement la formation d’une filière industrielle de la voiture électrique

Filière électronique>Automobile>France>Investissements>Politique
02/10/2009 16:42:15 :

Le ministère du développement durable a présenté hier un plan national avec 14 actions concrètes pour favoriser le développement de voitures électriques et hybrides rechargeables ; aubaine pour l’électronique : l’Etat va soutenir la création d’une véritable filière industrielle du véhicule électrique, qui devrait compter pas moins de quatre unités de production de batteries dans l’Hexagone, sans oublier la création d’une infrastructure de recharge nationale de 1,5 milliard d’euros, financée à 900 M€ par le futur grand emprunt.

2 millions de voitures électriques en 2020 !
Pas moins de trois ministres (Jean-Louis Borloo, Christian Estrosi, Chantal Jouanno) étaient mobilisés hier pour dévoiler le plan du gouvernement en matière de véhicules décarbonés. Ils étaient accompagnés des p-dg et grands dirigeants des grands groupes industriels concernés (PSA, Renault, EDF, Dassault, etc.) pour bien montrer que le but est de créer dans l’Hexagone « une équipe de France de la voiture électrique », selon les termes de Jean-Louis Borloo, c’est-à-dire une filière industrielle complète et cohérente, capable de jouer les premiers rôles mondiaux. Pour y parvenir, l’Etat va jouer de tous ses leviers : aides à la R&D, subventions sous forme de prêts aux investissements de production, création d’un réseau d’infrastructure de recharge, prime à l’achat de véhicules électriques, appels d’offres publics et privés sur les achats groupés permettront de constituer un marché de flottes de 100 000 véhicules d’ici 2015. L’enjeu est de taille puisque le parc français de voitures électriques et hybrides rechargeables devrait passer de 15 000 véhicules en 2010, à 450 000 en 2016, puis 2 millions en 2020 (soit alors 16% du marché) et 4,5 millions en 2025. C’est du moins le souhait du gouvernement et les chiffres qui lui ont servi à dimensionner le réseau de recharge correspondant (2,2 prises par voiture).

75 000 bornes publiques de recharge d’ici 2015
Au niveau des infrastructures de recharge, une filiale d’ERDF va être constituée pour créer un réseau de 75 000 bornes publiques de recharge d’ici 2015, représentant un investissement de 1,5 milliard de dollars, dont 900 M€ seront apportés par l’Etat, vraisemblablement dans le cadre du grand emprunt. La commission sur le grand emprunt est en effet officiellement saisie de cette proposition. Ces bornes publiques, appelées points de réassurance, ne représenteront que 10% des points de recharge. 90% des points de recharge seront en effet constitués par les prises électriques à domicile et sur le lieu de travail. A cet égard, obligation sera faite d’équiper les bâtiments d’entreprise de prises adaptées dès 2012 pour les bâtiments neufs et en 2015 pour les bâtiments existants. L’Etat a en effet fait le choix de privilégier la recharge lente des véhicules, afin d’optimiser le parc de production d’électricité. En gérant au mieux la recharge pour éviter les pics de consommation, EDF estime d’ailleurs que l’alimentation intelligente de 2 millions de véhicules en 2020 ne nécessitera pas une augmentation significative des capacités de production d’électricité. Des recherches sont en outre menées pour coupler production d’énergie solaire ou éolienne chez le particulier qui serait stockée dans la batterie du véhicule. Selon ERDF, 150 M€ seront nécessaires pour adapter le réseau de distribution à ces nouvelles missions. Tout ce qui concerne l’établissement de réseaux intelligents (comptage, monétique, etc.) devrait ainsi constituer autant d’opportunités de marchés pour la filière électronique. L’ADEME lancera début 2010 un nouvel appel à projets « infrastructures de charges », pour soutenir les démonstrateurs et expérimentations combinant infrastructures, usages et territoires ciblés, et pour valider le fonctionnement de l’écosystème des véhicules rechargeables. Le fonds démonstrateur de l’ADEME sera ainsi doté d’un complément de 70 millions d’euros.

Quatre producteurs de batteries en France
En amont, il est pratiquement acquis que la France abritera quatre usines de batteries pour véhicules électriques : l’usine de Flins de Renault et AESC (Automotive Energy Supply Corporation), la société commune japonaise entre Nissan (51% du capital) et NEC (49%) ; l’usine de BatScap, filiale du groupe Bolloré, à Ergué-Gabéric, en Bretagne ; l’usine de Johnson Controls-Saft à Nersac, près d’Angoulême et enfin, une usine qu’implantera Dow Kokam qui a repris récemment les activités de la Société de Véhicules Electriques (SVE) de Dassault, faisant de Dassault un propriétaire minoritaire de l’entreprise. Le lieu de l’implantation de cette dernière usine devrait être annoncé d’ici la fin du mois. Un proche collaborateur de Serge Dassault nous a précisé qu’elle occuperait une position centrale par rapport à l’Europe, ce qui laisse peu de chances à la Bretagne …
 
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Ces divers projets vont être subventionnés. L’usine de Flins, qui nécessite un investissement de 650 millions d’euros, va bénéficier d’un financement de l’Etat de 125 M€.

Les constructeurs automobiles vont également être subventionnés sous forme de prêts. L’État accordera un prêt pouvant aller jusqu’à 150 millions d’euros à Renault dans le cadre de la mise en place de la production de véhicules électriques dans son usine de Flins (100 000, puis 200 000 voitures par an). Christian Estrosi a, par ailleurs, précisé que 100 M€ sont d’ores et déjà inscrits au Projet de loi de finances pour 2010. Ils permettront de financer d’autres projets d’industrialisation de « véhicules décarbonés » comme par exemple le véhicule hybride 3008 de Peugeot à Mulhouse ou la Smart à Hambach en Moselle.

Plus de 15 M€ d’aide à la recherche
Concernant la recherche sur les batteries conduite principalement à Chambéry-Grenoble sous l’égide du CEA, l’Etat va dépenser plus de 15 millions d’euros dans des projets structurants. Pour ce qui concerne les plateformes de tests, l’État financera la plateforme MOVEO-DEGE, installée à Satory, à hauteur de 6 M€. L’objectif étant de caractériser les performances, la robustesse et la durée de vie des différents composants des véhicules décarbonés en reproduisant les conditions de fonctionnement au réel. Cette plateforme réunira notamment l’IFP (Institut français du pétrole), l’INRETS (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), le CETIM (Centre technique des industries mécaniques) et l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, aux côtés des principaux acteurs industriels (Renault, PSA, Valeo).

Dans le cadre de la plateforme STEEVE, le gouvernement va affecter 1,8 M€ au projet porté par l’INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques) destiné à la sécurité des batteries (en lien avec l’Université Jules Vernes en Picardie), en complément des 7,5 millions d’euros de soutien aux tests de prototypage à Grenoble/Chambéry.

Dossier complet et détail des mesures


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Chantal Jouanno, Christian Estrosi et Jean-Louis Borloo (crédits photos : MEEDDM - Gérard Crossay)
ÉDITION du 02/10/2009
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