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Le marché français de la distribution devrait retrouver le niveau de 2008

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18/11/2010 16:07:23 :


A l’occasion de la cérémonie des 15e Trophées du SPDEI, François Kurek, président du syndicat des distributeurs français de composants, s’est félicité que « la conjoncture nous soit enfin redevenue favorable » ; malgré une tendance aux longs délais de livraison, voire de pénurie pour certaines familles de composants, les ventes cumulées des adhérents du SPDEI à fin septembre étaient en effet de 500 M€ pour un peu moins de 400 M€ à fin septembre 2009, soit un bond de 30%.

Les distributeurs espèrent ainsi une fin d’année à au moins 600 M€, soit un montant au niveau de fin 2008 (*).

« Notre marché local est toujours vulnérable à cause de la compétitivité mondiale et même à nos frontières en Europe avec l’Allemagne et l’Italie. La raison essentielle en est le coût du travail en France, un sujet qui n’est pas encore abordé directement par nos dirigeants et dont l’impact sur la compétitivité est à notre avis sous évalué », a commenté François Kurek.

En outre, depuis quelques semaines déjà, les distributeurs notent un certain ralentissement d’activité au niveau des prises de commande, signe que les problèmes de disponibilités des composants sont en train de se résorber. Même si ce phénomène est à tempérer par la saisonnalité des ventes qui fait que les acheteurs préfèrent traditionnellement différer leur commandes de fin d’année sur l’exercice suivant. D'un autre côté, faute d'avoir tous les composants d'une même carte disponibles, certains sous-traitants préfèrent également différer les achats de composants disponibles pour éviter d'immobiliser inutilement des stocks. Le vrai test de la conjoncture sera donc pour les premiers mois de 2011.

Le président du SPDEI a rappelé aux fabricants de composants présents dans la salle que la « prestation de distributeur franchisée est de plus en plus complexe » : respect des normes, exigences clients et conditions générales d'achats de plus en plus contraignantes et coûteuses, importation des produits depuis des usines délocalisées dans le monde entier et risque de contrefaçon.

Dans ce contexte, il souhaite établir avec les fournisseurs des règles communes qui garantissent au distributeur un statut de partenaire contractuel : garantie de livraison en période tendue, support qualité, politique de prix homogène par région et rémunération du design. Nul doute que les acheteurs aimeraient que cet appel soit entendu, après la période de pénurie qu’ils viennent de traverser.

Autre point mis en avant par l’organisation professionnelle : la charte qualité signé par les 29 adhérents du SPDEI, qui représentent environ 70% du marché de la distribution en France. Les critères d’adhésion au SPDEI incluent un respect de l’éthique, un engagement contre la contrefaçon, une volonté affichée de prôner une industrie électronique respectueuse de l'environnement et une assurance qualité.

[L]http://www.vipress.net/images/CharteSPDEI.pdf|Voir la charte qualité du SPDEI[/L]

Enfin, ces Trophées ont été marqués par les interventions du Sitelesc, représenté par Jean-Luc Estienne, président du club Circuits Intégrés, et de René Pérès, directeur général de GL events, l’organisateur du CIEN, Carrefour des Industries Electroniques et Numériques fortement soutenu par le SPDEI et dont la deuxième édition se tiendra du 24 au 26 mai 2011, au Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris. François Kurek veut voir dans ces interventions la marque de l’interactivité des organisations professionnelles depuis l’adhésion du SPDEI à la FIEEC en janvier 2010, afin de mieux faire entendre la voix des distributeurs au sein de la filière électronique.

Dans son discours, Jean-Luc Estienne, en particulier, a souligné que le marché français du semiconducteur devrait progresser de 25% cette année, 25% étant également la part des distributeurs dans les facturations des adhérents du Sitelesc en France. Commentant la conjoncture, le représentant de l’industrie des semiconducteurs a indiqué que les problèmes de livraisons et d’allocations qui ont affecté les acheteurs une bonne partie de 2010 sont en phase de résorption, mais qu’ils pourraient se poursuivre dans la première moitié de 2011 pour des produits standards à faible marge pour lesquels les fabricants n’ont pas consenti d’investissements en 2010.

Enfin, pour terminer sur une note d’espoir, le Sitelesc note que les relocalisations de production dans la zone d’influence de l’Europe, en particulier en Afrique du Nord, s’amplifient. Que cela soit pour des fabrications en sous-traitance ou des productions propres, la Tunisie est notamment de plus en plus appréciée par les industriels de l’électronique, qui voit dans ce pays des avantages indéniables par rapport à la Chine, en terme de frais de transports, de protection contre les copies, sans parler des avantages linguistiques. Une zone d’influence qui deviendra de plus en plus stratégique pour la distribution et l’industrie française des composants.

(*) En 2008, le marché français de la distribution avait reculé de 17%, à 850 millions d’euros. Le chiffre d’affaires cumulé des 31 membres de l’organisation professionnelle avait, pour sa part, baissé de 14% à environ 600 M€.




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