Mercredi 18 Mars @ VIPress.net1 milliard d’euros pour amorcer le plan de conquête des industries technologiques : chiche !
Après les plans de relance pour l’automobile et le BTP, le gouvernement mettra-t-il en place un troisième plan de relance axé cette fois-ci sur les industries technologiques ? C’est en tout cas la volonté de 29 organisations professionnelles, dont 23 dépendent de la FIEEC, qui ont présenté ce matin le détail de leur plan de conquête pour les industries à valeur ajoutée technologique ; ce plan, qui s’articule autour de 10 grands programmes répondant à des besoins sociétaux, nécessite la création dès 2009 d’un fonds d’investissement des industries à valeur ajoutée technologique (FIVAT) de 1 milliard d’euros, dont l’enjeu est de créer ou de sauvegarder 1 million d’emplois sur 7ans.
« Il s’agit d’investir et non pas de dépenser » a martelé Pierre Gattaz, président de la FIEEC. Ainsi pour les dix programmes proposés, les auteurs de ce rapport ont détaillé non seulement le montant initial qu’il conviendrait d’investir dès cette année pour amorcer le démarrage des projets, et le financement total public et privé de chacun des projets, mais surtout le retour sur investissement escompté. Ce plan de conquête a été présenté aux services du ministère de l’industrie il y a trois jours. « Nous avons su créer un capital d’écoute et de confiance de la part des pouvoirs publics », a souligné Pierre Gattaz, qui ne cache pas pour autant l’urgence des mesures à prendre : « chaque mois qui passe sans que des mesures soient prises est une risque pour nos industries ».
Le jeu semble pourtant en valoir la chandelle, tant les retombées pour la France sont alléchantes en terme de modernisation et de transformation du pays, de réponse à des besoins sociétaux (haut débit, route intelligence, hospitalisation à domicile, etc.) et de vitalisation de nos industries des équipements et des services. Le montant total des investissements (40 milliards d’euros pour le très haut débit, environ également 40 milliards pour les neufs autres projets) peut paraître gigantesque, mais selon les industriels, le retour sur investissement pour l’Etat devrait être réalisé en moins de dix ans. Par le passé, la FIEEC a déjà tenté sans succès de proposer aux pouvoirs publics d’investir dans de grands programmes sociétaux. Mais la situation a changé : la crise oblige le gouvernement à réagir pour soutenir le tissu industriel et une planification de grands chantiers financés par l’emprunt pour se doter d’infrastructures modernisées n’effraie plus les gouvernements des pays les plus libéraux, comme en témoigne l’ampleur du plan de relance américain. En proposant une boîte à outil opérationnelle, les industriels de notre filière ont peut-être enfin trouvé, grâce à la crise, la fenêtre d’ouverture pour faire partager leurs vues. « Nous voulons être une force de proposition organisée et constructive ; il existe encore des arbitrages à trancher entre financement public et financement privé pour ces grands projets et nous savons qu’un plan de relance ne sera pas acceptée sans contrepartie pour les industriels, à l’instar du plan pour l’automobile où les industriels se sont engagés à ne pas licencier ; nous sommes ouverts à la discussion », souligne Pierre Gattaz.
Le fonds d’amorçage FIVAT, piloté par le gouvernement, devra être géré en associant le secteur public et le secteur privé pour accompagner le financement des programmes identifiés, sous la forme d’abondements à des investissements publics ou privés, insistent les industriels. Même s’il nécessite de nouveaux fonds, le FIVAT pourrait également profiter d’une réallocation des subventions existantes pour éviter l’éparpillement des initiatives.
Nous vous proposons dans les articles suivants les principaux détails de ces dix programmes ; nous vous préviendrons quand le document complet du plan de conquête sera disponible en ligne.
(*) Ces 29 organisations professionnelles (dont 23 issues de la FIEEC) des secteurs de l’énergie, du numérique, de l’électricité, de l’électronique, des télécoms, du logiciel et des services, représentent 50 000 entreprises de toutes tailles, 600 000 salariés et 130 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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