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Le p-dg de Soitec fait le pari de la jeunesse

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29/01/2008 13:24:00 :


Plutôt que de lever les bras au ciel en déplorant le manque de vocation des jeunes pour le métier d’ingénieur, le p-dg de Soitec a importé des Etats-Unis un concept de sensibilisation des lycéens aux métiers de l’électronique ; cette manifestation, qui s’est déroulée sur trois jours à Grenoble l’an dernier en association avec STMicroelectronics et Minatec, sera reconduite cette année dans la capitale iséroise, et pour la première fois à Rousset et à Villach, en Autriche.

Premier français à occuper l’un des deux sièges européens au comité de direction mondial de SEMI, l’organisation professionnelle des fabricants de matériaux et d’équipements de production de semiconducteurs, André-Jacques Auberton-Hervé, p-dg de Soitec, reconduira cette année à Grenoble du 9 au 11 avril le « SEMI High Tech U », trois jours de sensibilisation au monde industriel et scientifique destinés aux jeunes lycéens de classe de seconde. « 18 ans, c’est trop tard », souligne le p-dg, qui explique que le succès de cette manifestation, portée par des jeunes ingénieurs des entreprises participantes, réside dans l’aspect ludique des ateliers proposés (petits jeux pour comprendre les grands principes de la physique, type loi de Gauss) et l’implication des enseignants et des parents d’élèves. Des visites de sites sont également organisées durant ces trois jours auxquels 30 à 35 lycéens grenoblois ont participé l’an passé.

Soitec, qui emploie aujourd’hui 1024 personnes avec une moyenne d’âge de 31 ans et 40% de femmes ingénieurs, recrute ses talents dans le monde entier. 17 nationalités d’ingénieurs se côtoient aujourd’hui à Grenoble sur le site du fabricant de tranches de SOI.

Le représentant européen au board de SEMI exhorte également les PME européennes à sortir de leur pré-carré pour affronter la scène internationale et les invite à investir à contre-cycle : « avec la réduction des temps de cycles, qui sont aujourd’hui typiquement de deux ans, seuls les leaders dans l’innovation peuvent espérer un retour sur investissement ; six mois de retard, et c’est déjà trop tard », prévient le p-dg qui ajoute : « on ne peut plus aujourd’hui être dix à investir sur le même marché, sinon, on détruit de la valeur ».

« Le semiconducteur vient du monde du PC où la planification était aisée ; aujourd’hui, c’est l’électronique numérique grand public et la mobilité qui tirent la demande, exigeant d’intégrer de nouvelles fonctionnalités dans les produits tous les trois mois, donc une planification plus complexe qui ne peut plus être seulement l’affaire des ingénieurs ». Pour le p-dg de Soitec, cette exigence d’agilité et de « time to market » rend nécessaire de localiser en un même endroit recherche et une partie de la production. La constitution des pôles de compétitivité qui maille recherche universitaire, R&D industrielle et outils de production des entreprises, va ainsi dans le bon sens. Mais il faut également partager la R&D verticalement, du matériau au système, comme tente de le faire le tout nouveau consortium SOI (19 entreprises) et comme l’illustre le succès de la PlayStation 3 dont le développement n’a été possible qu’en ayant recours au SOI pour réduire la consommation du processeur Cell.




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