Jeudi 04 Mars @ VIPress.netUne politique industrielle qui fait …pschitt ?
Les mesures présentées hier par le Président de la République pour bâtir « la nouvelle politique industrielle française » vont dans le sens des intérêts des industriels, mais ne mobilisent pas plus d’argent que les 1 milliard d’euros préalablement annoncés dans le cadre du grand emprunt (500 M€ pour des prêts verts ; 300 M€ pour une politique de filières ; 200 M€ pour des aides à la relocalisation) ; aucun programme sociétal d’envergure n’a été annoncé comme on pouvait l'espérer, mais un appel à « projets structurants en région » sera lancé afin de financer certains projets, mobilisant une partie des 300 M€ destinés aux filières.
Tout ça pour ça ? Si le discours a été comme toujours volontaire, les 23 mesures qui vont être mises en œuvre n’auront guère surpris. Pour autant, la situation est grave : la population active industrielle (tous secteurs confondus) a diminué en France de 535 000 emplois (-15%) depuis 2000 passant de plus de 3,900 millions à 3,365 millions en septembre 2009. Passé la déception du moment, chacun pourra néanmoins trouver dans les 23 mesures "du grain à moudre".
Déjà, les objectifs de la nouvelle politique industrielle de la France sont ambitieux : augmentation de 25% de la production industrielle française d’ici fin 2015, Pérenniser l’emploi industriel sur le long terme, retour durable à une balance commerciale industrielle (hors énergie) excédentaire d’ici 2015, augmentation de plus de 2% de la part de la France dans la valeur ajoutée industrielle européenne d’ici 2015.
La principale originalité des mesures proposées réside dans la prise en compte de la nécessité de raisonner en filières industrielles. Parmi les secteurs stratégiques identifiés par l’Etat, on peut se réjouir d’y trouver les composants électroniques, les logiciels, aux côtés du numérique, des transactions électroniques, de la sécurité, des équipements de réseaux, des éco-industries et des industriels de l’énergie. « Il paraît essentiel dans le cadre de la création des comités stratégiques filières, d’étudier les possibilités de cofinancer – entre Etat et entreprises « têtes de filières » - des projets structurants pour certaines filières industrielles porteuses de croissance. Un appel à projets « projets structurants en région » sera lancé afin de financer – via une avance remboursable ou une intervention en capital - certains de ces projets. Ils seront financés à condition que l’un des grands acteurs de la filière prenne une participation au projet, à hauteur au moins équivalente à celle de l’Etat. Cet appel à projets pourra être financé par une partie de l’enveloppe de 300 M€ dédiée aux filières au sein de l’action « Etats généraux de l’industrie » de l’emprunt national », indique le dossier de presse.
En clair, le discours du président de la République ne constitue pas un aboutissement des Etats Généraux de l’Industrie, mais plutôt le point de départ pour une mobilisation de la filière électronique et numérique, qui devra négocier pied à pied pour imposer ses vues et obtenir ici et là des bribes de projets qui vont dans le sens de l’intérêt commun. Tout commence.
Vous pouvez [L]http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=10-03-04Dossier_de_presse_EGI.pdf|télécharger le document complet[/L] qui détaille les 23 mesures listées ci-dessous.
Cinq leviers d’actions et 23 mesures pour un renouveau industriel
METTRE L’INDUSTRIE AU COEUR D’UN GRAND PROJET COMMUN
Mesure 1 : Créer une conférence nationale de l’industrie
Mesure 2 : Impulser un pacte pour une Europe industrielle
Mesure 2.1 : Assurer une plus grande loyauté des échanges industriels entre l’Union européenne et ses partenaires commerciaux
Mesure 2.2 : Rappeler l’importance de la recherche et de l’innovation comme facteur de compétitivité des entreprises en Europe
Mesure 3 : Valoriser le « made in France »
Mesure 4 : Créer une « semaine de l’industrie »
Mesure 5 : Renforcer les liens entre industrie, éducation nationale et enseignement supérieur
Mesure 6 : Revaloriser le rôle « industriel » de l’Etat actionnaire
DEVELOPPER L’EMPLOI ET LES COMPETENCES SUR LES TERRITOIRES
Mesure 7 : Inciter à la réindustrialisation et promouvoir l’emploi sur les territoires
Mesure 8 : Mettre en place un dispositif « biseau seniors juniors » pour la transmission des savoirs industriels stratégiques
Mesure 9 : Fédérer la gestion de l’emploi et des compétences au niveau territorial
Mesure 10 : Améliorer l’évaluation, l’efficacité et la conditionnalité des aides publiques
CONSOLIDER LA STRUCTURATION DES FILIERES INDUSTRIELLES FRANÇAISES
Mesure 11 : Créer des comités stratégiques filières
Mesure 12 : Désigner un médiateur de la sous-traitance
Mesure 13 : Lancer un appel à projets « projets structurants en région »
RENFORCER LA COMPETITIVITE DES ENTREPRISES ET L’INNOVATION
Mesure 14 : Mettre en place des prêts verts bonifiés
Mesure 15 : Simplifier la réglementation
Mesure 16 : Mettre en place une procédure unifiée d’information et d’orientation des PME en région
Mesure 17 : Créer un fonds start-up universités grandes écoles
Mesure 18 : Pérenniser le remboursement anticipé du Crédit Impôt Recherche pour les PME
Mesure 19 : Instaurer une fiscalité incitative à l’exploitation en France des brevets
Mesure 20 : Créer un fonds d’investissement France Brevets
ASSURER LE FINANCEMENT DE L’INDUSTRIE
Mesure 21 : Orienter l’épargne des Français et le crédit bancaire vers l’industrie
Mesure 22 : Création d’un observatoire du financement de l’industrie rattaché au Médiateur du Crédit
Mesure 23 : Assurer le financement de l’industrie par les établissements bancaires en phase de sortie de crise
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