« La première génération de mobiles (1995-2000) était clairement à l’avantage de l’Europe, experte en télécoms, la deuxième génération (2000-2005), centrée sur l’entertainment, avantageait l’Asie et le Japon, la génération 2005-2010, centrée sur l’Internet et les services, est plutôt à l’avantage des Américains, on arrive aujourd’hui à une étape où la convergence fait que le jeu est plus ouvert, chacun devant apporter le meilleur de son expertise technologique », pour sa première apparition publique depuis sa nomination à la tête de ST-Ericsson, la semaine dernière aux Technodays de STMicroelectronics, Gilles Delfassy a effectué une présentation volontairement pédagogue et décontractée.
« 80% des connexions au large bande le seront via les terminaux mobiles dès 2014 », analyse Gilles Delfassy. Cette diversification des usages et des applications multiplie les acteurs dans l’écosystème des mobiles (matériels, services, contenus, logiciels, etc.) dont beaucoup de néophytes. Pour s’en convaincre, rappelons-nous qu’il se vendra cette année dix fois plus de téléphones mobiles avec capteur d’images que d’appareils photo-numériques et que déjà plus de 2 millions d’applications pour l’iPhone ont été téléchargées.
Pour le p-dg de ST-Ericsson, l’innovation et les partenariats sont donc plus que jamais nécessaires pour réussir dans cet écosystème où les standards ouverts seront de plus en plus la règle. De par son patrimoine génétique, ST-Ericsson veut donc croire qu’elle dispose de la culture d’entreprise adéquate pour refaire son retard sur Qualcomm, qui a bâti son hégémonie sur le standard américain CDMA.
Fournisseur de plates-formes et de semiconducteurs isolés pour téléphones mobiles, ST-Ericsson, détenu à 50% par STMicroelectronics et à 50% par Ericsson, emploie 85% de son personnel dans la R&D et devrait cette année, crise oblige, réaliser un chiffre d’affaires bien inférieur au CA pro-forma de 3,6 milliards de dollars de 2008. ST-Ericsson est issu de trois entreprises : NXP Wireless, qui lui apporte une expertise reconnue dans la 2G , la 3G d’entrée de gamme avec de bonnes connexions auprès de Samsung et LG ; STMicroelectronics, qui apporte ses bonnes relations avec Nokia, ses compétences en multimédia, compression audio-vidéo et un accès aux technologies silicium de pointe ; et enfin Ericsson, qui lui offre un accès aux opérateurs de réseaux mobiles et dispose d’un porte-feuille de propriété intellectuelle très important dans les télécoms. « Les entreprises télécoms se doivent aujourd’hui d’employer davantage de juristes que d’ingénieurs », plaisante Gilles Delfassy.