Jeudi 22 Avril @ VIPress.netLe manque de composants annihile la reprise chez les sous-traitants
Au premier trimestre 2010, l’indice de chiffre d’affaires des sous-traitants français en électronique est remonté de 2,32% en trois mois mais reste inférieur de 3,4% à celui du premier trimestre 2009, selon l’indicateur de conjoncture du SNESE, syndicat national des fabricants d’électronique et services associés ; la faute au manque de composants, qui contraint les sous-traitants à ne pouvoir honorer que 70% de leurs commandes, déplore l’organisation professionnelle.
Par ailleurs, les effectifs de la profession se stabilisent (+0,57% en trois mois, après une chute de 5,12% en 2009) et l’indice de confiance des sous-traitants remonte légèrement à 53,1%, contre 51,8%, trois mois plus tôt.
« Le printemps suit toujours l’hiver, sans que cela empêche les gelées tardives... », souligne le SNESE avec une note d’humour empreinte de poésie.
« Cela fait maintenant neuf mois que l’indice de confiance tend à un optimisme mesuré, six mois que l’activité a entamé une remontée laborieuse et que l’effectif de la profession marque le pas. Malgré des fournisseurs de composants qui font le choix d’optimiser leur supply chain au détriment de leurs clients qui ne sont plus livrés en temps et en quantité, et des distributeurs qui ne semblent pas faire de gros efforts pour adoucir cette catastrophe pourtant annoncée par le SNESE dès janvier 2010, la profession – et plus particulièrement les adhérents du SNESE, gardent la tête haute. Comme en témoignent la stabilité de la note de solvabilité et le risque de défaillance », commente l’organisation professionnelle.
A 6,3 sur 10, l’indice de solvabilité de la profession (calculé sur un échantillon de 183 entreprises) montre une belle résistance : le risque de défaillance est élevé pour 4,4% d’entre elles, moyen pour 47% et faible pour 49,7%.
« La profession est aujourd’hui pénalisée par deux risques exogènes : d’une part, la pénurie et l’augmentation des délais de livraison des composants. On estime aujourd’hui que 70% seulement des commandes sont honorées, faute de composants. Et d’autre part le refus d’un trop grand nombre de clients de reconnaître cette réalité et qui fuient leur responsabilité (les achats de matière imposés par les clients représentent en moyenne 60% du chiffre d’affaires) en refusant de fournir des prévisions sincères et sérieuses. Dans le même temps ils persistent à réduire les délais de livraison. C’est l’effectif qui en pâti le plus, les entreprises sacrifiant l’emploi et leur capacité de production sur l’autel de la trésorerie dévorée par les achats », poursuit le SNESE.
Et de conclure : « la reprise n’en sera que plus douloureuse pour tous, clients et fournisseurs ».
Le SNESE représente les fabricants d'électronique et services associés – Près de 750 entreprises, principalement des PME (80% des entreprises du secteur emploient entre 20 et 99 salariés), réalisant un CA de 3 milliards d’euros avec un effectif de 22 000 personnes.
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