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Les salariés de ST-Ericsson France interpellent le gouvernement

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02/02/2010 14:44:56 :


Aujourd’hui à 13h, à l'occasion du Comité Central d'Entreprise extraordinaire qui va discuter du plan social de ST-Ericsson à Caen, les salariés des sites de Caen et de Paris se sont rassemblés devant l'immeuble de STMicroelectronics à Paris pour interpeller le gouvernement et la direction sur l'avenir de leur entreprise ; ils fêtent ainsi à leur manière l'anniversaire de ST-Ericsson dont la première année d'existence est déjà entachée de 3 plans sociaux, dénonce un communiqué de la CGT.

Pour Carlo Bozotti, président et CEO de STMicroelectronics, l’achèvement de la restructuration de ST-Ericsson constitue l’une des quatre priorités de ST pour 2010. Cette année devrait donc être pour ST-Ericsson « une année de transition », avant d’engranger pleinement les fruits de la restructuration en 2011, a commenté le p-dg la semaine dernière lors de la présentation des résultats annuels de STMicroelectroncis. ST tout comme Ericsson se déclarent très attachés à cette société commune dont la constitution ne préfigure pas un désengagement à terme (le nom de ST-Ericsson a d’ailleurs été préféré à un patronyme qui gommait l’identité des deux géniteurs pour souligner leur implication dans la société commune). Sur son créneau, ST-Ericsson doit faire face à l’hégémonie de Qualcomm, qui profite encore de la situation de rente du CDMA aux Etats-Unis, ou encore à Texas Instruments. Mais le concurrent le plus redoutable pourrait être rapidement le Taïwanais MediaTek, qui se rapproche à grand pas du trio de tête, grâce à un positionnement privilégié sur le marché chinois d’entrée de gamme. Selon certaines estimations, il serait même déjà le deuxième fournisseur mondial depuis juillet dernier et compte livrer 450 millions de circuits pour téléphones mobiles cette année, contre 350 millions en 2009.

Rappelons que ST-Ericsson, fournisseur de plates-formes et de semiconducteurs isolés pour téléphones mobiles, détenu à 50% par STMicroelectronics et à 50% par Ericsson, a publié une perte annuelle de 539 millions de dollars sur un chiffre d’affaires de 2524 millions de dollars (2695 M$ si la société avait été créée au 1er janvier 2009), contre un CA pro-forma de 3577 M$ en 2008. Début décembre, ST-Ericsson a annoncé un durcissement de son plan de restructuration qui va conduire à 600 suppressions de postes de plus d’ici fin 2010. Ce plan additionnel, qui passe une réduction des investissements et des coûts d’exploitation, ainsi que par un programme d’amélioration de l’efficacité de sa R&D, doit conduire à une économie annuelle supplémentaire de 115 millions de dollars.

En avril dernier, ST-Ericsson avait déjà annoncé un plan de restructuration de 230 M$, devant conduire à la suppression de 1200 emplois sur un effectif de 8000 personnes et qui devrait être finalisé d’ici la fin du 2e trimestre 2010.

Selon Alain Dutheil, COO de ST, le plan de restructuration d’avril 2009 avait été dimensionné pour un euro valant 1,35 dollar. C’est le renchérissement de l’euro face au dollar qui a conduit à durcir les suppressions d’emplois en décembre.

« Malgré tous les beaux discours du gouvernement sur l'industrie électronique, STMicroelectronics va fermer dans sa filiale ST-Ericsson le centre de recherche et développement en microélectronique de Caen », s’insurge néanmoins la CGT.

« De plus, suite à un nouveau plan de réduction d'effectif, le groupe fait peser de lourdes menaces de suppression d'emplois dans ses autres sites, dont le site de Paris », poursuit le syndicat.

La CGT demande donc à l’Etat, actionnaire de référence dans STMicroelectronics d’influer sur les décisions stratégiques de la direction de l'entreprise et d’affirmer que la microélectronique en France ne se réduira pas à terme à l'Isère et à l'usine de Crolles qu'il subventionne. «Il faut un pendant national au programme "Nano 2012" qui se limite aujourd'hui à l'Isère », réclame l’organisation syndicale.





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