Lundi 11 Décembre @ VIPress.netVers six mois difficiles pour les fabricants de composants
Jean-Philippe Dauvin, Chief Economist chez STMicroelectronics, a douché les espoirs des fabricants de composants passifs réunis à Deauville en fin de semaine dernière lors des rencontres Gixel 2006 (*) annonçant deux trimestres difficiles début 2007 pour l’ensemble des fabricants de semiconducteurs et de passifs. Les résultats de novembre de TSMC et d’UMC, les prévisions de résultats trimestriels de Xilinx et d’Altera ou encore l’analyse conjoncturelle de l’Afdec, l’association des distributeurs britanniques, semblent lui donner raison, allant tous dans le sens d’un ralentissement d’activité à court terme.
« Je suis pessimiste sur le début de l’année 2007 ; nous aurons deux mauvais trimestres à passer avant que la conjoncture ne s’améliore », a déclaré M. Dauvin. La baisse récente de la demande en nombre de pièces (alors qu’elle progressait encore sur un rythme de 22% par an à la mi-2006) conjuguée à la montée des stocks (un surstock en semiconducteurs de 4,3 milliards de dollars prévu au 4e trimestre, contre 4,1 milliards au 3e trimestre) et à la montée des capacités de production installées (les investissements devraient représenter 22 à 23% des ventes en 2006) expliquent ce pessimisme. D’autant que l’économie mondiale entre dans une phase de ralentissement assez violente (de 5,1% en 2006, la croissance de l’économie mondiale devrait être ramenée à 3,8% en 2007). « C’est ce coup de frein qui est terrible pour nos industries », a commenté l’économiste.
Pour autant, la deuxième moitié de l’année devrait être meilleure, gommant les désillusions du premier semestre. En nombre de pièces, le marché mondial des téléviseurs numériques devrait, par exemple, progresser de 93% l’an prochain à 52 millions d’unités, celui des mobiles 3G de 57% à 236 millions, etc. Globalement, le marché du semiconducteur devrait ainsi progresser de 6% en 2007, après +8% en 2006. Pour les composants passifs (source DECISION), la croissance devrait être de 4,7% l’an prochain (+2,5% seulement en Europe), après +5,7% cette année (+4,5% en Europe). Au niveau mondial, la croissance devrait baisser de +8% en 2006 à +5,7% en 2007 pour les composants d’interconnexion, de 7,4% à 5,3% pour les claviers et commutateurs, de 4,9% à 2,2% pour les passifs discrets.
Plusieurs annonces récentes vont dans le même sens d’un ralentissement d’activité à court terme. Ainsi, Xilinx, premier fabricant mondial de FPGA, table désormais sur une décroissance séquentielle de ses ventes trimestrielles de 2% à 5% au 4e trimestre, au lieu d’une prévision initiale d’une hausse de 2% à 5% en trois mois, en raison d’un affaiblissement de la demande des clients dans les télécoms. Pour sa part, son concurrent Altera s’attend désormais à des ventes trimestrielles inférieures de 5% à 7% à celles du 3e trimestre, contre une prévision de –2% à –5% jusqu’alors. De son côté, National Semiconductor vient de publier un chiffre d’affaires pour le trimestre clos fin novembre de 501,6 M$, en baisse de 7,4% en trois mois et s’attend à une baisse séquentielle de 8% à 11% pour le trimestre qui vient de démarrer. Côté fondeurs, TSMC a vu ses ventes reculer de 10,2% en novembre par rapport à octobre, tandis que celles d’UMC reculaient de 3,97% en un mois. Enfin, l’Afdec, association des distributeurs franchisés britanniques, déplore une augmentation des stocks de 4% en octobre chez les distributeurs outre-Manche (les stocks représentent ainsi environ 3 mois d’activité) et prévoit une hausse du marché britannique de la distribution de seulement 2% en 2007, à 1137 M£.
(*) Consacrées cette année à la contribution de l’électronique à l’efficacité énergétique dans le transport et l’habitat, les rencontres du Gixel ont démontré que loin d’être pénalisantes pour notre industries, les contraintes environnementales, vont au contraire créer de nouvelles opportunités pour l’électronique dans l’automobile, les transports et l’habitat. Une foultitude de technologies sont en concurrence pour développer des véhicules moins polluants et plus économes (diminution des émissions de CO2, véhicules hybrides, véhicules électriques, …) ouvrant de nouveaux marchés pour l’électronique de puissance, alors que dans l’habitat, il n’est pas absurde de considérer que d’ici 20 ans, les maisons intégreront 10 000 à 15 000 euros d’électronique. Les différents pôles de compétitivité constituent le creuset incontournable pour le développement de ces projets.
© VIPRESS - Soyez le premier informé !
Mentions légales