Jeudi 03 Septembre @ VIPress.netEstrosi menace de boycotter les produits Molex en France
Jamais un ministre n’a été aussi intrusif dans la stratégie d’une entreprise étrangère, ni un communiqué officiel d’un gouvernement aussi menaçant : Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie, déclare sans ambages que si la direction de Molex ne change pas d’attitude sur le dossier de reprise du site de Villemur-sur Tarn , « le gouvernement français en tirerait alors toutes les conséquences, notamment en demandant officiellement aux constructeurs automobiles français de suspendre immédiatement toute commande de matériel incluant des produits fabriqués par le groupe Molex » ; le fabricant de connecteurs réplique que le plan de reprise n’est pas crédible et met fin aux discussions avec le repreneur potentiel.
Très remonté, le ministre indique avoir eu hier matin par téléphone un nouveau contact très tendu avec Eric Doesburg, Directeur du développement du groupe Molex. Il lui a indiqué que le gouvernement français est prêt à financer intégralement le projet de reprise du repreneur, et à donner au repreneur l’ensemble des garanties financières nécessaires pour que la question du financement soit réglée en amont et ne soit plus un sujet.
« Dans ces conditions, le seul obstacle au projet de repreneur est la position du groupe Molex, qui par son attitude particulièrement peu constructive ces derniers jours, bloque toute solution d’avenir pour le site de Villemur-sur Tarn et ses 283 salariés », s’emporte le ministre. Christian Estrosi a indiqué de manière très ferme à M. Doesburg que Molex doit désormais négocier de bonne foi avec le repreneur afin d’aboutir à un projet de reprise validé par les deux parties d’ici au début de la semaine prochaine. Toute autre attitude du groupe Molex serait inadmissible pour le gouvernement français, qui en tirerait alors toutes les conséquences...
Dans un communiqué, Molex confirme qu’il a mis fin aux discussions avec le fonds privé d’investissement identifié par le gouvernement comme un repreneur potentiel du site de Villemur-sur-Tarn. Molex souligne que le repreneur n’a pas présenté de business plan et n’offrait pas les garanties financières à la survie de l’activité. S’indignant de la menace du gouvernement de boycotter ses produits en France, Molex souligne qu’une telle mesure mettrait en danger le plan social que négocie l’Américain pour les salariés du site de Villemur-sur-Tarn. Le bras de fer continue.
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