Si la FIEEC partage les objectifs généraux énoncés par le Président Sarkozy en conclusion des Etats Généraux de l’Industrie, la Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication regrette néanmoins l’absence d’orientations stratégiques plus précises et de grands projets emblématiques qui pourraient mobiliser les acteurs autour d’un défi commun ; son président, Pierre Gattaz, en appelle maintenant au lancement de « programmes Apollo » dans le domaine de l’énergie, de la santé et de la sécurité.
Pierre Gattaz, président de la FIEEC
« Les actions de lobbying ne s’arrêtent jamais », a déclaré ce matin Pierre Gattaz, bien décidé à « se mettre en mouvement », pour donner du contenu aux 23 mesures énoncées par le Président de la République dans le cadre de la « nouvelle politique industrielle de la France ». Avouant à demi-mot n’avoir pas obtenu satisfaction sur deux points clés (le lancement de grands programmes sociétaux et l’élargissement à l’innovation et aux procédés industriels du crédit impôt recherche), Pierre Gattaz se félicite néanmoins de retrouver dans l’énoncé du chef de l’Etat « 75% à 80% de nos propositions ».
Concernant l’élargissement du CIR aux processus de fabrication, le président de la FIEEC estime que le gouvernement a eu peur d’ouvrir la « boîte de Pandore », avec la crainte de voir s’envoler le budget alloué au crédit d’impôt recherche. La fédération va donc s’attacher à mieux définir les innovations susceptibles d’être éligibles à un CIR élargi pour favoriser le soutien à une production de proximité (au moins 20% à 30% des productions en France) sans inflation budgétaire.
Concernant l’appel à « projets structurants en région », mobilisant une partie des 300 M€ destinés aux filières, Pierre Gattaz, le considère comme un fonds d’amorçage des « programmes Apollo » qu’il appelle de ses vœux. La Caisse des dépôts et consignations, Oséo, mais aussi les collectivités locales (régions, grandes agglomérations), pourraient ainsi venir compléter le financement pour le lancement de grands programmes dans l’éclairage public urbain innovant, la route intelligente, la santé à domicile, des programmes capables de créer autour de pilotes industriels des écosystèmes compétitifs pour ensuite gagner des marchés à l’exportation. La FIEEC reconnaît ainsi être en négociations avec l’agglomération lyonnaise pour un projet d’innovation dans l’éclairage urbain avec retour sur investissement garanti, servant d’interface entre les industriels capables de répondre en groupe à cette problématique et les responsables politiques locaux. L’idée sera ensuite de pouvoir proposer à l’étranger des réalisations clés en mains calquées sur l’expertise acquise dans la capitale des Gaules.
On le voit, la FIEEC est bien décidée à rester l’aiguillon de la politique industrielle du gouvernement en étant une force de propositions pour traduire dans les faits le discours présidentiel sur l’ambition industrielle de la France.