Deux années de croissance à venir pour l’industrie des composants
Filière électronique>Semiconducteurs>Composants passifs>Monde>Europe>Conjoncture>Etude de marché> 11/12/2009 11:16:18 :
Lors du Joint European Electronics Summit organisé par le Sitelesc et le Gixel, qui réunit actuellement à Paris 130 personnes, Jean-Philippe Dauvin, Chief Economist au cabinet Décision, a déclaré hier dans sa présentation de conjoncture, que si l’industrie des composants devrait connaître deux belles années en 2010 et 2011, après le trou noir de 2009, un nouveau cycle de croissance vertueuse à long terme est à la portée de l’électronique mondiale à partir de 2013 uniquement si elle fait le pari de l’innovation, une innovation qui a manqué ces dernières années.
Pour l’analyste, en effet, il serait réducteur de cantonner la crise que nous venons de traverser à une seule crise financière : « c’est l’économie réelle qui a été touchée, avec une crise de la demande finale, due notamment à un manque d’innovation au niveau des composants, les entreprises ayant sacrifié la rentabilité à court terme à l’innovation ». Il faudra environ 40 mois pour sortir de ce cycle.
Pour 2009, Décision prévoit ainsi un recul de 7% de l’électronique mondiale et même de –12% pour la production européenne. L’an prochain, la production électronique devrait retrouver la croissance au niveau mondial (+1,5%) et stopper sa chute au niveau européen (+0,3%). Pour les composants (semiconducteurs, passifs, connecteurs), la reprise sera mécaniquement plus franche (voir schéma ci-dessous).
Pour s’adapter à la crise, l’industrie du semiconducteur a en effet accompli la restructuration la plus rapide et la plus importante de son histoire, analyse Jean-Philippe Dauvin, soulignant la fermeture d’une cinquantaine unités de production pour réduire sa capacité de production de l’ordre de 20%, une diminution de l’effectif mondial de la profession de l’ordre de 10%, et un ratio d’investissements sur ventes ramené à 9% contre une moyenne historique de 20%. Tous les ingrédients sont donc réunis pour un redressement rapide.
Pour le futur, les marchés professionnels régionaux émanant des besoins sociétaux (économies d’énergie, médical, sécurité) devraient prendre le relais de la croissance et de l’innovation sur les marchés de masse mondialisés, analyse Jean-Philippe Dauvin. Des applications où l’industrie européenne est plus compétitive et mieux armée et où le modèle économique pour réussir est plus adapté à notre tissu industriel. Reste à oser l’innovation. Nous y reviendrons.
La production électronique européenne aura chuté de 12% en 2009