La production européenne en électronique aura chuté de 12% en 2009
Filière électronique>Monde>Europe>Conjoncture>Etude de marché 11/03/2010 14:03:07 :
Les chiffres définitifs du 2e observatoire de l’électronique seront dévoilés par la FIEEC en juin prochain à l’occasion du CIEN, Carrefour de l’Industrie Electronique et Numérique ; mais déjà, les données préliminaires rassemblées par le Cabinet Décision permettent d’affirmer que la production européenne en électronique aura chuté de 12% en 2009, après avoir atteint 251 milliards d’euros en 2009 ; 2010 devrait être une année « stable », selon Décision.
L’an passé, l’Europe aura ainsi fait moins bien que l’ensemble de l’électronique mondiale. Décision estime, en effet, que la production électronique mondiale aura chuté de 7% en 2009 (et au moins de 8% pour les productions de produits de masse), après avoir représenté 1136 milliards d’euros en 2008. Pour 2010, la production mondiale devrait retrouver la croissance (+1,5%), mais son taux de croissance moyen entre 2008 et 2013 devrait être inférieur à 3%, alors que sans la crise de 2009, Décision tablait plutôt sur un taux moyen de 6%.
En Europe, la production électronique a enregistré des performances très contrastées suivant les marchés. « Globalement, les productions sur les marchés de l’énergie, de l’aéronautique et de la défense ont été croissance, malgré la crise », analyse Sébastien Rospide, consultant au cabinet Décision. En revanche, la crise a été particulièrement aiguë dans les télécoms (qui représentent encore 20% de la production européenne en électronique), que ce soit pour les terminaux (le prix moyen de vente des téléphones mobiles de Nokia est inférieur à celui du marché) ou pour les matériels d’infrastructures. Le secteur industriel (en 2008, l’Europe représentait 39% de la production mondiale en électronique industrielle) a également été en forte dégradation, car il est très lié aux investissements (pénalisés par la situation du crédit). La crise de l’automobile a, enfin, impacté les modèles haut de gamme, fortement consommateur de l’électronique.
Pour prospérer, l’électronique européenne doit donc d’urgence se redéployer sur les marchés de croissance, que sont l’énergie, la sécurité et le médical (l’antienne préférée de la FIEEC). Dans l’énergie, Décision rappelle que le parc français de compteurs doit être renouvelé par plus de 30 millions de modèles intelligents. Au plan mondial, le parc installé de compteurs est de 1,7 milliard d’unités. Le marché de la sécurité en Europe, très difficile à évaluer, car très fragmenté contrairement aux Etats-Unis et qui reste donc à organiser, représenterait entre 25 et 35 milliards d’euros.
Quant à l’électronique médicale, cette filière, là-encore très fragmentée, représente tout de même déjà une production en Europe de 8 milliards d’euros (25% du marché mondial), dont 15% en France. En particulier, le marché de la télémédecine est estimé à 1,2 milliard d’euros en Europe (dont 90 M€ en France). Un chiffre à retenir : en 2050, 50% de la population des pays développés aura plus de 50 ans. Or, les dépenses de santé des pays développés s’envolent (déjà plus de 10% du PIB et même plus de 18% pour les Etats-Unis). Reste à persuader les politiques des retours sur investissements sonnants et trébuchants que permettrait une utilisation croissante de l’électronique dans le médical. La FIEEC s’y emploie.
La crise aura fait perdre deux ans à l’électronique mondiale