Achats de composants: la sous-traitance au bord de l’asphyxie !
Sous traitance>Achats>France>Conjoncture>Stratégie> 07/01/2010 14:57:29 :
La diminution des capacités de production des fabricants de composants provoque un allongement des délais de livraison et la raréfaction de certaines pièces, s’inquiète Pierre Bigot, Président du SNESE, dans une tribune libre ; outre la réduction du cycle de vie des produits et l’évolution technologique très rapide des composants qui augmentent le risque d’obsolescence des composants, le refus des clients de prendre leur part de risque dans l’achat des composants spécifiques conduit d’une façon inéluctable les sous-traitants en électronique vers l’asphyxie, dénonce le président de l’organisation professionnelle, qui propose de différentier les « anticipateurs réalistes » des « indécisionaires » pour calculer le prix des prestations des sous-traitants.
Les sous-traitants doivent en effet commander et payer des composants sans avoir la certitude qu’ils seront achetés par les clients et gérer des stocks pléthoriques. Et Pierre Bigot de citer un exemple édifiant. Un grand équipementier télécoms français annonce en septembre 2009 à son sous-traitant une prévision de commande de 600 000 euros pour le premier semestre 2010 et insiste pour que les composants soient commandés sans délai. Le sous-traitant achète les composants nécessaires pour un montant de 300 000 euros, avec une livraison annoncée au mieux au mois de janvier 2010. Bien entendu, le client ne signera aucun engagement. Alors que le fournisseur de composants, lui, exigera un engagement formel du sous-traitant. Le sous-traitant apprendra mi-décembre que le client ne donne pas suite. Il n’a alors pour seul recours que celui d’espérer une nouvelle et très hypothétique commande, ou tenter de revendre ces composants avec une perte minimale de 30%.
Pierre Bigot rappelle que le délai moyen de fabrication ne cesse de se réduire, il est de 3 semaines en moyenne en 2009, selon le SNESE. Dans le même temps, en 2009, le délai moyen d’approvisionnement en composants a plus que doublé, passant de quatre à dix semaines (source : SNESE/Avnet). Enfin, les achats réalisés par les sous-traitants en électronique pour le compte de leurs clients représentent en moyenne 60% de leur chiffre d’affaires, soit 25% de plus que dans l’industrie toute entière ( source : SESSI/SNESE).
Pierre Bigot, président du SNESE
« S’il est un vœu à formuler en ce début d’année, cela serait celui de voir se développer une nouvelle stratégie d’achats de composants qui offrirait des conditions différentes selon que le client est un anticipateur réaliste ou un indécisionaire », détaille Pierre Bigot.
L’anticipateur réaliste, en contrepartie d’un engagement ferme de commande se verrait proposer les meilleurs composants, achetés auprès de sources sûres et pérennes. Les livraisons seraient cadencées en fonction des ordres de fabrication, réduisant ainsi de manière significative les stocks. L’anticipateur réaliste gère ses stocks au plus juste, le sous-traitant gagne en flexibilité, réactivité et sérénité. Le fournisseur de composants limite ses encours. Pour le client, cet engagement sera bien évidemment un argument fort lors de la négociation du coût global de la prestation commandée au sous-traitant. Pour les clients ne souhaitant pas s’engager dans un processus d’anticipation, les offres de composants seraient alors basées une disponibilité à très court terme et donc d’un coût plus élevé. Un vœu pieux ?