Bonne pioche pour le SNESE, qui a reçu hier matin sur son stand au Midest, Christian Estrosi, pour sensibiliser le ministre à l’impérieuse nécessité de mettre en place un crédit d’impôt innovation afin de soutenir l’innovation en production et de valoriser ainsi les emplois de production de proximité ; le ministre chargé de l’industrie a promis de recevoir prochainement l’organisation professionnelle des sous-traitants sur ce thème, dans le cadre de la préparation des Etats Généraux de l’Industrie.
Au travers du crédit d’impôt innovation, -une idée défendue depuis longtemps par le SNESE et toute la filière électronique-, la profession veut faire passer le message auprès des pouvoirs publics que l’innovation n’est pas seulement dans le produit, mais aussi dans la façon de le produire. « Quel bénéfice pour l’industrie et l’emploi en France de câbler l’Hexagone en très haut débit, si la fibre optique est fabriquée en Chine », s’interroge à haute voix, Pierre Bigot, président du SNESE, syndicat national des fabricants d’électronique et services associés ? Soutenir l’innovation au sein des PME afin d’améliorer leur compétitivité et le savoir-produire en France et favoriser ainsi la création d’emploi de production de proximité, tels sont les ambitions du crédit d’impôt innovation, qui pourrait ainsi remédier aux insuffisances du crédit d'impôt recherche (CIR). « Une étude montre que 80% des montants du crédit d’impôt recherche sont versées aux entreprises de plus de 250 personnes ; nous demandons simplement un rééquilibrage des subventions », commente Pierre Bigot. Pour le président du SNESE, il est pratiquement aujourd’hui impossible pour une PME de quelques dizaines de salariés, comme le sont beaucoup de sous-traitants, de bénéficier du CIR. « Souvent, les grands groupes emploient plusieurs personnes à plein temps pour la gestion administrative et le suivi du CIR ; les PME ne peuvent mobiliser de telles ressources ». Et que dire de l’agrément recherche pour prétendre au CIR ? Il faut pouvoir justifier de l’emploi de doctorants, etc. Un personnel de recherche qui n’est pas à la portée des PME. « La qualité des projets d’innovation devrait primer sur le niveau des diplômes de ceux qui les soumettent », souligne Pierre Bigot. Le SNESE souhaiterait donc que l'innovation du « comment produire » soit traitée a égalité avec la R&D qui profite essentiellement a la conception des produits. Aider l'innovation en production passerait par un accès simplifié des PME à l'agrément recherche. La simplification du process d’éligibilité au crédit d’impôt innovation pour les PME pourrait également passer par la mobilisation des associations financées par les pouvoirs publics type Jessica pour prendre en charge la gestion des dossiers du CIR aux côtés des PME.
Christian Estrosi saura-t-il entendre les arguments du SNESE ? Dans son discours de mise en place des Etats Généraux de l’Industrie, le ministre avait semblé sensible aux problèmes des sous-traitants. « Les relations dominant-dominé entre donneurs d’ordres et sous-traitants constituent le véritable poison de notre tissu industriel et il convient de sortir au plus vite du « diktat de la direction des achats », une politique qui s’apparente davantage à une « politique de traders qu’à une politique industrielle », avait-il alors [L]http://semiconductor.vipress.net/?id=tuyvhbtuhqSNEZuwou|déclaré[/L]. Un bon début.