L'essentiel Mercredi 11 Février @ VIPress.netChute de 7,9% du marché européen de la distribution de semiconducteurs en 2008
Le marché de la distribution européenne de semiconducteurs a continué de décroître au quatrième trimestre : selon les statistiques de la DMASS, Distributors’ and Manufacturers’ Association of Semiconductor Specialists, les ventes du quatrième trimestre 2008 affichent en effet un recul de 11,4%, à 1,09 milliard d’euros, par rapport au 4e trimestre 2007 ; sur l’ensemble de 2008, les ventes ont reculé de 7,9%, à 5,02 milliards d’euros.
« Le niveau des stocks chez les clients est extrêmement faible. Comme les fournisseurs ont réduit fortement leurs investissements, nous ne serions pas surpris que des difficultés d’approvisionnement se fassent jour quand la demande repartira », commente Georg Steinberger, nouveau président de la DMASS.
Selon la DMASS, qui, rappelons-le, ne prend en compte que les semiconducteurs hors composants pour PC, les ventes du 4e trimestre en Allemagne ont reculé sur un an de 7,8%, à 352 M€, et de 5% pour l’ensemble de 2008. En France, le marché a chuté de 9% au dernier trimestre, à 93 M€, alors que les ventes de SC des distributeurs ont plongé de 13,4%, à 100 M€, au Royaume-Uni (pénalisé par la chute de la livre sterling face à l’euro) et de 20,8% en Italie, à 119 M€. Même l’Europe de l’Est affiche un recul au quatrième trimestre (-1,4%), mai reste en croissance sur l’ensemble de l’année (+5,8%).
Par famille de produits, les ventes trimestrielles de mémoires ont chuté de 3,1% sur un an, celles de circuits logiques standards de 17,4%. Les ventes de composants analogiques ont reculé de 9,3%, à 304 millions d’euros, celles de microcontrôleurs et de microprocesseurs de 14,9%, à 254 M€ et celles de circuits logiques programmables de 4,2%, à 102 M€. Sur l’ensemble de l’année, toutes les grandes familles de produits sont en baisse entre –5,6% pour les discrets et –14,8% pour les circuits logiques standards.
La FIEN publie ses 18 propositions pour sortir de la crise
La FIEN (Filière des Industries Électronique et Numérique) qui réunit les représentants des principales associations professionnelles de cette filière (9 associations, 1 900 entreprises) livre le résultat de ses réflexions et fait 18 propositions pour sortir durablement de la crise, un recueil remis au cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet ; la filière sera-t-elle entendue ?
« Nous souhaitons que les responsables économiques, sociaux et politiques comprennent enfin à quel point notre secteur est porteur des effets de levier nécessaires pour relancer l’économie et l’emploi.
Les usages du numérique et de l’électronique, sont indispensables pour sortir durablement de la crise. Il est, plus que jamais, temps de leur donner une impulsion afin de générer un élan formidable pour l’ensemble de notre société », commente Bernard Bismuth, président de la FiEN.
Voici, in extenso, les propositions de la filière ; si vous souhaitez réagir à ces propositions, apporter vos critiques et vos compléments, écrivez-nous à l’adresse suivante : [L]mailto:eid@vipress.net|Propositions FIEN[/L] ; nous ferons suivre vos remarques à la FIEN.
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Pour faire face à la chute d’activité
Les entreprises de l’Électronique et du Numérique sont, en grande majorité, des PME et des Entreprises de Taille Intermédiaire qui investissent beaucoup et qui à ce titre ont recours très régulièrement au crédit. La raréfaction actuelle des crédits leur fait courir un risque de disparition. Pour éviter cela, il faut :
1. Adapter les comportements des intermédiaires financiers (banques, assurances crédit...) à la situation de crise et ne pas accepter de modifications des règles du jeu par anticipation de difficultés supposées.
2. Que les Pôles Emplois obtiennent un financement pour les licenciements par Plan de Sauvegarde des Entreprises (PSE) et procédure d’alerte.
3. Que les Trésoriers Payeurs Généraux (TPG) prennent en considération les demandes faites par les chefs d’entreprise relatives au décalage de leurs dettes fiscale et sociale et cela sans inscription.
4. Étendre la flexi-sécurité et le congé mobilité à toutes les entreprises.
Pour relancer l’industrie
Les entreprises de l’Électronique et du Numérique doivent pouvoir embaucher plus facilement et ne pas être limitées, comme c’est le cas aujourd’hui, par des effets de seuil.
5. La FIEN souhaite que le gouvernement adopte sans délai ses propositions sur les seuils sociaux car les dispositions de la Loi LME ne sont pas suffisamment attractives, trop étalées dans le temps et d’une mise en œuvre trop complexe. La FIEN souhaite que ses propositions qui porteraient les seuils de 10 à 15 personnes, de 20 à 30 et de 50 à 75 sans aucune contrepartie et sans rétroactivité soient adoptées sans délai. Dans la filière électronique, cette mesure entraînera mécaniquement la création de plusieurs milliers d’emplois.
Sur le plan fiscal, il faut :
6. Dans la suite de l’exonération de la Taxe Professionnelle, porter à 2% de la valeur ajoutée l’assiette de cet impôt pour toutes les entreprises.
7. Élargir l'assiette du CIR aux actions en faveur de la recherche et de l'innovation sur les techniques manufacturières qui sont essentielles pour la création d’une valeur ajoutée durable et créatrice d’emplois.
8. Augmenter les plafonds de défiscalisation pour investissement dans les TPE (Très Petites Entreprises), les PME et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire)
9. Alléger l'Impôt sur les Sociétés en cas d'investissement immédiat des résultats.
Pour que les entreprises continuent à investir en Recherche et Développement, il faut :
10. Renforcer la part des aides à l'innovation allouée aux projets coopératifs de Recherche, Développement & Innovation associant Grands Groupes et PME/ETI, dans une logique d’écosystème de croissance.
11. Favoriser l'embauche de thésards en contrat en entreprise (CIFRE) en abaissant la part Entreprise dans le calcul de leur rémunération et en élevant proportionnellement celle de l'Agence Nationale de Recherche et de Technologies (ANRT). Une augmentation de 80% aurait un effet immédiat.
Il faut intéresser les jeunes à nos métiers
12. Valoriser et adapter les enseignements techniques pour que la filière Électronique et Numérique puisse recruter des professionnels compétents et motivés. Avec les meilleurs talents, nous serons les meilleurs.
Pour relancer l’investissement :
Le déploiement de l’infrastructure optique pour le Très Haut Débit (THD) soutient directement l’activité des industriels du secteur, des formateurs et des installateurs d’une part. Il entraîne un accroissement d’activité chez les opérateurs et les fournisseurs de contenus d’autre part. Il contribue à l’amélioration de l’attractivité des territoires, favorise la relocalisation du travail et son essor. Il faut donc impérativement :
13. Déclencher, dès le premier trimestre 2009, les investissements publics et privés pour intensifier le déploiement des réseaux de collecte et d’accès haut et très haut débit et des réseaux de télévision mobile personnelle.
14. Finaliser le cadre législatif et opérationnel des déploiements du très haut débit et définir un modèle économique pour les déploiements dans les zones géographiques les moins denses (PPP, etc.)
Par ailleurs, il faut aussi :
15. Créer pour les entreprises une prime à la casse des équipements de communication obsolètes remplacés par des outils permettant d’améliorer les échanges, la productivité et de protéger l’environnement.
16. Attribuer un crédit d’impôt de 30% (sur l’IR ou sur l’IS dus) aux entreprises réalisant un investissement en équipement de solutions de communication innovantes.
17. Accélérer la commande publique des grands chantiers numériques que sont le passeport numérique biométrique et la réfection du transport de masse.
18. Accompagner l'appropriation par le public des technologies numériques en développant les évènements – expositions - émissions de télévision scientifiques sur l’utilisation des nouvelles technologies de l'électronique et du numérique dans les secteurs socialement cruciaux de la santé, de la sécurité, de l'éducation, de la mobilité.
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Intel investit 7 milliards de dollars pour le 32nm aux Etats-Unis
Coïncidence fortuite, le jour où AMD se voit contraint à repousser au 18 février le vote de ses actionnaires pour entériner son projet de cession de ses usines à une société commune contrôlée par Abu Dhabi, faute d'avoir atteint le quorum, Intel annonce qu’il va investir 7 milliards de dollars sur deux ans aux Etats-Unis pour déployer sa production en technologie 32 nm ; dans un communiqué, le numéro un mondial du semiconducteur enfonce le clou en affirmant qu’il réalise 75% de sa R&D et de sa production aux Etats-Unis, alors même qu’il réalise 75% de ses ventes à l’étranger.
Intel, qui emploie 45 000 personnes aux Etats-Unis, indique que cet investissement concernera ses sites dans l’Oregon, l’Arizona et le Nouveau Mexique, qui emploient 7000 personnes.
Intel compte démarrer la production de microprocesseurs en technologie 32 nm dès cette année (pour le modèle Westmare destiné aux PC portables et de bureaux). D’autres modèle suivront en 2010.
Rappelons néanmoins qu’Intel a annoncé en janvier un réalignement de ses moyens de production, conduisant à la fermeture de cinq usines sur quatre sites en 2009 ; ce plan va concerner entre 5000 et 6000 emplois, certains personnes pouvant néanmoins être réembauchées sur d’autres sites au sein du groupe. Le plan de fermeture concerne deux sites de production sur tranches de 200 mm aux Etats-Unis (Oregon et Californie), deux usines d’assemblage et de test en Malaisie et une usine d’assemblage et de test aux Philippines.
Au début du mois, Intel a également annoncé qu’il allait consolider ses opérations d’assemblage et test en Chine, fermant une usine qui emploie 2000 personnes près de Shanghai.
Vers une chute de 10% du marché mondial de la sous-traitance en 2009 ?
Le marché mondial des services de sous-traitance EMS et ODM (conception avec production) devrait chuter de 9% cette année, à 270,8 milliards de dollars contre 300,7 milliards en 2008 et devrait rester à un niveau inférieur à celui de 2008 au moins jusqu’en 2012, selon iSuppli ; pour le cabinet d’études américain, le marché de la sous-traitance EMS (grosso-modo hors concepteurs-fabricants taïwanais) a même reculé en 2008, à 177,4 milliards contre 186,5 milliards en 2007, et devrait chuter de 12% cette année, à 156,1 milliards de dollars.
Cette prévision pessimiste s’appuie notamment sur les prévisions de ventes au premier trimestre de Flextronics, Celestica et Sanmina-SCI, très inférieures aux données historiques et sur la faillite de Nortel Networks, qui a dépensé pour plus de 1,7 milliard de dollars en services de sous-traitance en 2008.
Arrow Electronics va réduire ses coûts annuels de 175 M$
Confronté à la sévérité de la crise, le distributeur américain Arrow Electronics a mis en place des mesures afin de réduire ses coûts de plus de 175 M$ sur une base annuelle ; le distributeur termine son exercice 2008 sur un chiffre d’affaires de 16,76 milliards de dollars et un bénéfice net de 301,4 M$, contre un CA annuel de 15,98 milliards et un bénéfice net de 407,8 M$ en 2007.
Au dernier trimestre, Arrow a réalisé un CA de 4,09 milliards de dollars pour un bénéfice net de 43,2 M$, contre un CA de 4,42 milliards et un bénéfice de 114 M$ un an plus tôt. En données pro forma, ses ventes ont reculé de 12% par rapport aux trois derniers mois de 2007.
La division composants électroniques du distributeur a vu ses ventes trimestrielles reculer de 13% sur un an, à 2,45 milliards de dollars. Pour le trimestre en cours, Arrow vise un CA compris entre 3 et 3,6 milliards, dont 2 à 2,4 milliards pour sa branche composants.
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