L'essentiel Mardi 18 Août @ VIPress.netSuite des événements de l'été
Après les fusions-acquisitions hier, nous nous intéressons aujourd'hui plus particulièrement aux restructurations, aux investissements, aux projets de R&D, aux grands accords stratégiques et aux décisions gouvernementales qui ont jalonné l'actualité estivale ; avec une entorse toutefois, les toutes dernières fusions-acquisitions telle celle d’ARC International par Virage Logic.
Virage Logic compte racheter ARC International pour 41 M$
L’identité du repreneur potentiel d’ARC International n’aura pas été cachée bien longtemps : ce matin, avec la bénédiction des dirigeants du développeur britannique de blocs d’IP pour le multimédia et notamment de cœurs de microprocesseurs, l’Américain Virage Logic, également spécialisé dans les blocs de propriété intellectuelle en semiconducteurs, a dévoilé son intention de racheter ARC International pour 25,2 millions de livres, soit 41 millions de dollars ; la transaction devrait être finalisée avant la fin de l’année.
« Avec environ 24 millions de dollars de chiffre d’affaires au cours des 12 derniers mois et plus de 150 clients, ARC International contribuera grandement au développement de notre activité. D’autant qu’ARC International est positionné sur le marché des cœurs de microprocesseurs, le segment de marché le plus important du marché des blocs d’IP en semiconducteurs », a commenté Dan McCranie, p-dg de Virage Logic.
Lors du semestre clos le 30 juin dernier, ARC International a réalisé un chiffre d’affaires de 7,3 millions de livres (11 M$), en chute de 22% par rapport au premier semestre 2008. Sa perte nette avant charges de restructuration a représenté 4,3 M£ (-6,5 M£ après restructurations).
Pour sa part, Virage Logic a réalisé un chiffre d’affaires de 11,9 M$ lors du dernier trimestre, contre 11 M$ lors du trimestre précédent et 15,1 M$ lors du même trimestre de l’exercice précédent. Sa perte nette trimestrielle a atteint 1,9 M$, contre 26,3 M$ trois mois plus tôt et un déficit de 1,1 M$ lors du même trimestre de l’exercice précédent. En janvier, Virage Logic avait dévoilé un plan de restructuration, passant notamment par la fermeture de deux sites de R&D, et conduisant à une réduction globale de 13% de ses coûts de main-d’œuvre.
En décembre dernier, Virage Logic avait tenté de racheter son compatriote Logic Vision, avant d’y renoncer devant l’hostilité du conseil d’administration de Logic Vision. C’est finalement Mentor Graphics qui en mai dernier s’emparait pour 13 M$ du spécialiste de la technologie du test embarqué (built-in-self-test) pour l’amélioration des rendements pour la fabrication des semiconducteurs.
Molex Villemur-sur-Tarn : le bras de fer continue, l’Elysée s’en mêle
Molex aura continué d’alimenter l’actualité médiatique cet été, la direction américaine du fabricant de connecteurs ayant décidé de fermer immédiatement le site de Villemur-sur-Tarn suite à l’agression par des salariés en colère d’un membre de la direction, qui aurait en fait été victime de jets d’œufs ; une fermeture jugée illégale pour les uns et légale pour les autres ; il aura fallu que l’Elysée s’en mêle, imposant un médiateur pour tenter de renouer le dialogue.
Plus tôt dans l’été, les deux co-gérants du site français de 283 personnes avaient démissionné pour permettre à la direction américaine de reprendre le dossier en mains.
Le 13 août, Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie, a reçu l’engagement de la direction de l’entreprise Molex, de mettre fin à son refus de laisser pénétrer librement sur le site les représentants du personnel. Les conditions sont donc réunies pour la nomination d’un médiateur conformément à la demande exprimée par le président de la République. Christian Estrosi, a décidé de confier cette mission à Francis Latarche. Directeur départemental du travail de l’emploi et de la formation professionnelle de la Haute-Garonne d’avril 2005 à juillet 2007 après avoir exercé ces fonctions dans les Pyrénées Atlantiques de septembre 1999 à mars 2005, Francis Latarche a, de par ses activités passées, une expérience reconnue en matière de médiation. Comme le souhaite le président de la République, il aura pour mission de renouer un dialogue social constructif entre la direction et les organisations syndicales, en vue d’élaborer des « solutions positives ». Un rendez vous a été fixé le 25 août à Bercy. Rappelons que la fermeture définitive du site est prévue pour le 31 octobre prochain.
Le Président de la République a réaffirmé à cette occasion les principes qui doivent guider l'action du gouvernement dans les sites touchés par des restructurations :
- la recherche d'une solution industrielle chaque fois que celle-ci est possible,
- une action exemplaire en faveur du reclassement, de la formation et de l'indemnisation des salariés qui viendraient à perdre leur emploi,
- la priorité absolue au dialogue entre toutes les parties, le refus inconditionnel de toute violence et le respect non négociable du droit social français.
Globalement, Molex a terminé son exercice fiscal sur un chiffre d’affaires de 2,6 milliards de dollars, en baisse de 22,4% par rapport à l’exercice précédent. Sa perte nette a atteint 321,3 M$, alourdie par 131,3 M$ de charges de restructuration et 264,1 M$ d’amortissement de survaleurs. Pour le trimestre en cours, Molex prévoit un CA compris entre 590 M$ et 630 M$, contre 570,6 M$ lors du dernier trimestre.
Globalfoundries devient fondeur stratégique de STMicroelectronics
Cet été, STMicroelectronics a signé un accord de partenariat stratégique avec Globalfoundries : le fondeur, issu de la reprise des usines d’AMD et contrôlé par les pétrodollars d’Abu Dhabi, produira en volume en technologie 40 nm basse consommation des circuits intégrés pour applications sans fil et grand public pour le compte du premier fabricant de puces européen à partir de 2010.
« Pour offrir à nos clients/partenaires des capacités à la pointe du concept de la faible consommation, ST a besoin d’un partenaire de fabrication agile et hautement performant capable de s’adapter à nos besoins qui évoluent », a déclaré Jean-Marc Chery, vice-président exécutif et directeur des technologies chez STMicroelectronics. « Avec son engagement fort, celui de l’excellence en matière de fabrication et de technologies de pointe, nous estimons que Globalfoundries est le partenaire idéal pour développer en collaboration le concept innovant de faible consommation en 2010 et au-delà. »
Actuellement, la production de Globalfoundries est centralisée sur le campus de fabrication 300 mm de Dresde en Allemagne, également appelé la Fab 1. En juillet 2009, Globalfoundries a aussi posé la première pierre de la construction de la Fab 2, une unité de fabrication de 4,2 milliards de dollars située à Malta dans l’État de New York. La construction et les phases de lancement de la nouvelle usine devraient prendre environ trois ans. La production de masse est prévue pour 2012 en technologie 28 nm, puis 22 nm.
En 2008, STMicroelectronics a confié 13% de sa production de semiconducteurs à des fondeurs externes, avec l’objectif à terme de monter cette part à 20%.
Le programme Nano2012 est officiellement lancé à Crolles
Le vendredi 17 juillet, Christine Lagarde s’est rendue à Crolles sur le site de STMicroelectronics pour y lancer officiellement le programme de R&D en nanoélectronique Nano2012 dont STMicroelectronics est le chef de file et qui doit permettre au site de Grenoble-Crolles de conforter sa position dans le développement des technologies dérivées pour systèmes sur puce 32 nm et 22 nm, en coopération avec l’alliance technologique IBM mise en place à Fishkill aux Etats-Unis.
Ce programme, qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et de nombreux autres organismes de recherche et acteurs industriels, représente des dépenses de R&D de 2,3 milliards d'euros dans le domaine de la nanoélectronique sur une durée de cinq ans. Il est soutenu par l’Etat et les collectivités territoriales à hauteur de 457 millions d'euros.
Le programme Nano2012 fait suite au programme Crolles II, qui représente le plus gros investissement industriel privé réalisé en France au cours des dix dernières années et qui a entraîné des dépenses de R&D de 1,5 milliards d’euros entre 2002 et 2007. Au total, l’impact du site de Crolles sur l’emploi a été estimé en 2007 à plus de 26 000 emplois directs, indirects et induits, souligne le gouvernement.
Alcatel-Lucent va supprimer 850 emplois
L’équipementier télécoms a confirmé fin juillet un plan de suppression de 850 emplois en France en 2009 et 2010, ainsi que l’externalisation de 150 autres postes ; Alcatel-Lucent emploie actuellement 77 000 personnes dans le monde et 11 000 en France.
Ce plan de réduction des coûts pourrait concerner 200 personnes dans l’usine d’Eu en Normandie et également les sites de Vélizy (589 salariés) et de Villarceaux (2080 salariés). En trois ans, 16 500 emplois ont déjà été supprimés au niveau mondial. Cet été, Christian Estrosi ministre chargé de l'Industrie, a qualifié d'« erreur » le rachat de l'Américain Lucent Technologies par le groupe Alcatel en 2006, dans une interview sur France Info.
Alcatel-Lucent a également annoncé cet été l'acquisition de la société Velocix (ex-CacheLogic), dont le siège est au Royaume-Uni. Velocix est un spécialiste des réseaux de diffusion d’actifs numériques de type CDN (Content Delivery Network) – infrastructure et services – pour les fournisseurs de services Internet et haut débit et pour les sociétés du secteur des médias et du divertissement.
Pôles de compétitivité : 109 M€ pour 93 nouveaux projets
Le gouvernement a annoncé cet été le financement de 93 nouveaux projets de recherche et développement émanant de 48 pôles de compétitivité, pour un financement par l’État de 109 M€.
Ces projets ont été retenus parmi les 200 dossiers présentés au huitième appel à projets. Les collectivités territoriales ont indiqué leur intention de financer la plupart de ces projets aux côtés de l’État, à hauteur de près de 62 M€. Les PME impliquées dans les projets au titre de cet appel à projets devraient bénéficier directement de près de 30 M€ du fonds interministériel.
En cumulé, l’ensemble des appels à projets des pôles ont permis de soutenir 738 projets depuis 2005. Ces projets représentent un montant de dépenses de R&D de près de 4 milliards d’euros, 14 000 chercheurs, et un financement public de 1,47 milliard d'euros dont 946 M€ par l’État.
Un neuvième appel à projets sera lancé à l'automne 2009. Les projets sélectionnés seront connus en mars 2010.
[L]http://www.competitivite.gouv.fr/spip.php?article581|Pour en savoir plus[/L]
Infineon réussit son augmentation de capital sans le concours du fonds Apollo
Le fabricant allemand de semiconducteurs Infineon Technologies a réussi cet été une augmentation de capital de 725 millions d’euros, les nouvelles actions ayant été souscrites à 96,7% sans le concours du fonds d’investissement privé Apollo Global Management ; ce dernier devra donc se contenter de 1,3% du capital d’Infineon alors qu’il aurait théoriquement pu détenir jusqu’à 30% du capital du fabricant allemand.
Cet argent va servir à désendetter le groupe. Par ailleurs, l’activité circuits pour télécoms filaires (79 M€ de CA pour un bénéfice d’exploitation de 1 M€ lors du dernier trimestre) d’Infineon, qui doit être vendue à l’investisseur américain Golden Gate Capital pour 250 millions d’euros cet automne, prendra le nom de Lantiq une fois la transaction finalisée.
Nokia ne fera pas appel à la sous-traitance en 2009
Lors de la publication de ses résultats trimestriels, Nokia a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de faire appel à la sous-traitance pour le reste de l’année, estimant qu’il avait suffisamment de ressources de production en interne pour faire face à la demande ; en 2008, Nokia avait sous-traité 17% de sa production de téléphones mobiles.
Par ailleurs, Nokia a annoncé cet été l’acquisition de l’Allemand Cellity, une entreprise de Hambourg de 14 personnes spécialisée dans les logiciels pour réseaux sociaux. Nokia a également cédé à Accenture l’activité services professionnels autour de l’OS Symbian. Cet activité d’ingénierie et de support client pour fabricants de mobiles, de semiconducteurs et d’opérateurs emploie 165 personnes.
Intel fait appel de sa condamnation par Bruxelles
Intel a officiellement fait appel de sa condamnation pour abus de position dominante par la Commission européenne, contestant l’amende de 1,06 milliard d’euros infligée par Bruxelles ; mais le jugement de la Commission européenne pourrait être prochainement remis en cause pour « mauvaise gestion du dossier » par l’Union européenne.
Le numéro un mondial a également profité de l’été pour finaliser le rachat de Wind River, spécialiste des logiciels pour l’embarqué. Le montant du rachat atteint 884 millions de dollars. Lors de son dernier exercice fiscal, l’Américain Wind River a publié un chiffre d’affaires annuel de 359,8 M$, en hausse de 9% par rapport à l’exercice précédent, pour un bénéfice net de 10,8 M$, contre une perte nette de 2,4 M$ un an plus tôt. Pour l’ensemble de l’exercice en cours, Wind River table sur un CA annuel compris entre 360 et 380 M$. Wind River a été fondé en 1981 et emploie actuellement 1600 personnes dans 15 pays.
Enfin Intel, qui a enregistré au cours du deuxième trimestre sa première perte nette trimestrielle en 22 ans (une perte de 398 millions de dollars liée à l’amende de Bruxelles sur une chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars), a annoncé en juillet la suppression de 294 emplois en Irlande, en raison de la faiblesse de la demande en circuits réalisés sur tranches de 200 mm qui sont fabriqués dans cette usine. Intel emploie environ 4500 personnes sur le site de Leixlip, une unité de production sur tranches de 200 mm et de 300 mm de diamètre.
ST-Ericsson réorganise ses activités
ST-Ericsson, l'un des premiers fournisseurs de plates-formes mobiles et de semiconducteurs pour applications sans fil, annonce une nouvelle organisation articulée autour de trois groupes de produits : produits connectés LTE et HSPA, sous la direction de Magnus Hansson, Vice-Président ; plates-formes multimédias 3G, sous la direction de Marc Cetto, Vice-Président ; et enfin, 2G, EDGE, TD-SCDMA et connectivité, sous la direction de Thierry Tingaud, Vice-Président.
Ces trois entités seront soutenues par un département regroupant des services de R&D partagés, placé sous la direction de Philippe Berger, Vice-Président. Jörgen Lantto a été nommé Executive Vice President, Directeur technique (CTO) et Directeur de la Stratégie (Head of Strategy), tandis que Pascal Langlois assurera les fonctions de Directeur des Ventes et du Marketing (Chief Sales & Marketing Officer).
Au cours du deuxième trimestre, ST-Ericsson a réalisé un chiffre d’affaires de 666 millions de dollars (+18,5% en trois mois), pour une perte nette de 213 M$. ST-Ericsson avait annoncé en avril un plan de restructuration de 230 M$, devant conduire à la suppression de 1200 emplois sur un effectif de 8000 personnes.
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