L'essentiel Jeudi 24 Juin @ VIPress.netPénurie de composants : 96% de sous-traitants sont fragilisés
Le SNESE, l’organisation professionnelle des sous-traitants, a réalisé, du 26 mai au 15 juin 2010, une enquête auprès d’un échantillon représentatif de fabricants de cartes et systèmes électronique et services associés pour mesurer aussi précisément que possible les effets de la pénurie de composants afin que chaque maillon de la chaîne d'approvisionnement, les fabricants de cartes et systèmes électroniques ainsi que les utilisateurs finaux soient informés objectivement.
L’enquête montre que 96% des entreprises sont touchées par la pénurie. Seules quelques entreprises travaillant en panier garni[L] |Press Release[/L]ou dans le cadre de contrats cadres annuels ne semblent pas subir la pénurie.
« Les délais sont fous, ils atteignent maintenant 30 à 40 semaines ! Lorsque les composants sont disponibles, ce sont les prix qui sont fous ! A l’exemple d’un relais proposé à 1,35€ et livré sous 34 semaines ou a 4,35€ et disponible sans délai », commente un participant à l’enquête.
Cette pénurie entraîne une augmentation importante de leur stocks de cartes semi-finies par manque d’un ou plusieurs composants (16,5% du CA non livré en mai, à cause de la pénurie). La perte de chiffre d'affaires pour les sous-traitants en avril 2010 est estimé à 35 millions d’euros et à 40 millions en mai. Cette situation s’explique par l’allongement considérable du délai d'approvisionnements des composants électroniques -- le délai moyen a augmenté de 35%, passant de 4 semaines à 10 semaines au cours des 4 derniers mois, et pour certains composants, dépassant les 40 semaines. Une production de cartes électroniques ne pouvant être livrée et facturée que lorsque tous ses composants ont été assemblés, la production incomplète est donc stockée dans l’attente de la livraison du dernier composant.
Cette situation pèse lourdement sur la trésorerie des sosu-traitants en aggravant le risque de défaillance (impact critique pour 37% des réponses). Soixante entreprises ont procédé à des réductions d’effectifs et environ 110 ont pris des mesures de chômage partiel. « Tout l’arsenal des solutions d’amélioration de la productivité est mis en batterie, ainsi que des plans de formation. Mais la diminution de la trésorerie va vite s’imposer et limiter ces solutions d’attente », commente le SNESE.
« Le SNESE a entrepris de sensibiliser les organisations professionnelles représentant nos fournisseurs, la FIEEC, le Médiateur interentreprises industrielles et de la sous-traitance ainsi que monsieur le Ministre de l’Industrie afin de nous accompagner dans des actions de soutien immédiates et réfléchir à des actions durables privilégiant les relations de proximité. Vous serez tenus informés des suites qui seront données », souligne Pierre Bigot, Président du SNESE.
La pénurie accélère le changement des pratiques d’achat
La totalité des entreprises qui ont répondu à l’enquête du SNESNE atteste que la recherche de solutions pour faire face à la pénurie passe par la diversification des sources d’approvisionnement ; les sources de proximité ayant montré leurs limites, les solutions sont cherchées hors de France, principalement en Asie et aux Etats-Unis.
« Les avantages de la proximité en matière d’approvisionnement sont indiscutables. Mais la crise confirme les difficultés d’adaptation (disparition des grands comptes, accroissement du nombre de petits clients, exigences de délais, de prix, de garantie de livraison) des distributeurs – acteurs jusqu’à présent incontournables en France », souligne l’organisation des sous-traitants.
Les brokers (revendeurs), malgré les risques et inconvénients inhérents à ce mode de distribution (prix plus élevés, contrefaçons) et faute de mieux, sont les principaux bénéficiaires de cette diversification des sources d’approvisionnement. Une entreprise sur trois déclare en effet avoir recours à ce mode d’approvisionnement. L’individualisme des fabricants d’électronique freine l’émergence de solutions partenariales (groupements d’achats, consolidation des stocks, gestion collective des surstocks, etc.), déplore le SNESE.
Sources d’approvisionnements privilégiées pour lutter contre la pénurie
Le SNESE met en place un dispositif d’accompagnement de ses adhérents
Le SNESE, pour qui «sortir de cette crise dépend uniquement de la volonté des fabricants de composants d’ajuster leurs moyens de production à la demande », a mis à la disposition de ses adhérents un dispositif d’accompagnement qui leur permet aujourd’hui, en complément de leurs propres moyens, de faire face à cette situation de pénurie dont l’issue ne semble guère envisageable avant le premier trimestre 2011.
Faire que les entreprises de fabrication électronique sortent plus fortes de cette crise reste l’objectif que s’est fixé le SNESE. Des moyens sont donc mis en oeuvre et mis à la disposition des adhérents :
TICIO
C’est une solution universelle de données numériques pour les échanges entre clients et fournisseurs de la sous-traitance électronique. « Il s’agit de dématérialiser les informations qui passent par le téléphone, le fax, ou par les messageries électroniques » rappelle le syndicat. « TICIO remplace le schéma classique du traitement du flux des informations devant être saisies dans le système de gestion de la production assistée par ordinateur ou dans un système de gestion commerciale. TICIO permet de réduire les coûts administratifs de saisie de documents de commande, d’accusés de réception, d’avis d’expédition, de factures, réduit les délais d’approvisionnement, optimise la gestion des stocks ».
Net Tronic’s
C’est un système facilitant la mise en relation des entreprises qui cherchent des composants et des adhérents disposant de stocks dormants (excédents, composants obsolètes). Net Tronic’s est accessible via le site internet du SNESE. Les offreurs sont les adhérents. La demande est ouverte à toutes les entreprises.
Le Club des Acheteurs et de la supply chain
Créée début juin, ce Club regroupe déjà plus de 20 entreprises et prés de 40 acheteurs. L’objectif poursuivi est de faciliter les échanges d’information entre entreprises partageant les mêmes préoccupations et acceptant de partager certaines solutions. Les membres du Club sont les destinataires prioritaires des informations collectées par le SNESE via divers réseaux d’informations. Un Forum privé permet également d’échanger des informations sur les fournisseurs indélicats, mais aussi sur les différentes contrefaçons en circulation.
Les relations interprofessionnelles
Le SNESE entretient des relations suivies avec le SPDEI (Syndicat Professionnel de la Distribution Electronique Industrielle) qui regroupe la majorité des distributeurs de composants électroniques. Un protocole d’accord signé en Octobre 2009 prévoit la concrétisation prochaine d’un Guide de bonnes pratiques. Des relations suivies avec la CDAF – qui représente les acheteurs devraient contribuer à améliorer les relations clients/fournisseurs.
Etats Généraux de l’industrie : une dizaine de filières stratégiques seront définies le 8juillet
Le Premier ministre installera la Conférence nationale de l’industrie le 8 juillet prochain, a déclaré hier Christian Estrosi, ministre chargé de l’industrie ; à cette occasion seront définies une dizaine de filières stratégiques, dont, --espérons-le--, l’industrie électronique et numérique.
Les comités stratégiques de filière qui seront installés dans les 6 mois à venir auront pour mission d’organiser de manière durable et équitable les relations entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants.
Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’engager une large réflexion sur l’état des lieux législatif et réglementaire ainsi que sur la jurisprudence concernant la sous-traitance. Hervé Novelli et Christian Estrosi ont confié cette mission à Jean-Claude Volot dans le cadre de sa fonction de médiateur national inter-entreprises industrielles et de la sous-traitance. Il associera les professionnels (syndicats, MEDEF, CGPME, avocats spécialisés,…), et s’appuiera sur les services de Bercy, en particulier de la DGCIS de la DGCCRF et de la direction juridique. Il devra remettre son rapport d’ici le 30 juillet prochain pour décider de l’opportunité d’engager une évolution plus globale de la législation afin d’instaurer un nouveau type de relations plus équilibrées et partenariales entre client et fournisseurs.
Ces annonces ont été faites hier par le ministre à l’occasion de la tenue du premier séminaire des médiateurs régionaux sous la présidence de Jean Claude Volot, réunion qui s’inscrit dans le prolongement des Etats Généraux de l’Industrie. La Médiation étant désormais pleinement opérationnelle, elle a recensé un certain nombre de pratiques abusives auxquelles le Ministre souhaite mettre fin. Sans attendre le premier rapport annuel du médiateur, qui lui sera remis en avril 2011, le ministre a indiqué que déjà une dizaine de demandes d’actions collectives ont été reçues, ce qui représente approximativement 500 entreprises, ainsi qu’une cinquantaine de demandes individuelles.
La charte de bonnes pratiques donneurs d’ordre/ sous-traitants signée le 10 février 2010 à Bercy sera rejointe le 28 juin prochain par 20 nouvelles entreprises, portant alors le volume d’achat couvert à 200 milliard d’euros annuels.
« La clé de la compétitivité, ce n’est pas la réduction des coûts, pour laquelle les pays émergents seront toujours mieux placés que nous. La clé de la compétitivité, c’est notre capacité à innover et surtout, c’est notre capacité à unir nos forces pour peser davantage dans la mondialisation. Si l’Allemagne parvient à exporter davantage que nous, ce n’est pas parce que ses coûts de production sont plus faibles que les nôtres. C’est parce que le fonctionnement de ses entreprises industrielles est celui d’un véritable écosystème dans lequel la croissance de chacun tire celle de toutes les autres. Ainsi, les sous-traitants allemands sont associés très en amont à la démarche exportatrice de leurs clients industriels », a déclaré le ministre.
Atmel a finalisé la vente de son usine de Rousset à LFoundry
Le fabricant américain de semiconducteurs Atmel, spécialisé dans les solutions tactiles et les microcontrôleurs, annonce avoir finalisé la vente préalablement annoncée de son unité de production de semiconducteurs de Rousset, au fondeur allemand LFoundry .
« La conclusion de cette transaction marque une étape importante dans la stratégie d'Atmel visant à faire évoluer les opérations de fabrication vers un business model ''fab-light'' », a déclaré Steven Laub, Président-Directeur Général d'Atmel.
Depuis la mise en place de son plan de restructuration, Atmel a ramené le nombre de ses sites de production de semiconducteurs de cinq à un et a cédé ou fermé 14 de ses lignes de produits non stratégiques.
La transaction a préalablement reçu l'accord des salariés de l'usine de Rousset et du Comité d'entreprise d'Atmel Rousset. Plus de 750 salariés, actuellement en poste sur le site de Rousset et qui assurent la fabrication de circuits spécifiques, de mémoires et de microcontrôleurs, deviennent ainsi salariés du groupe LFoundry. En vertu d'un contrat d'approvisionnement conclu avec LFoundry, Atmel se fournira en circuits fabriqués sur le site de Rousset pendant quatre ans. Au deuxième trimestre 2010, Atmel prévoit de comptabiliser une perte sur la cession de son entité de fabrication de Rousset inférieure à 110 millions de dollars.
En ligne avec sa stratégie de recentrage, Atmel a récemment annoncé un projet de cession à Inside Contactless de son pôle SMS (circuits pour cartes à puce), également situé à Rousset en France. Celui-ci demeure toujours d'actualité, la finalisation de la transaction étant prévue au second semestre 2010.
© VIPRESS - Soyez le premier informé !
Mentions légales