L'essentiel Mardi 22 Janvier @ VIPress.netLa spécialisation démultiplie les cycles dans l’industrie du semiconducteur
IC Insights avait testé l’idée à Paris en novembre dernier lors du Sommet européen de la microélectronique organisé par le Sitelesc ; il l’a reprend aujourd’hui officiellement dans l’édition 2008 de son rapport de conjoncture : les cycles de l’industrie du semiconducteur n’ont pas disparu ; ils ont été multipliés par quatre.
Pour le cabinet d’études américain, la spécialisation qui petit à petit gagne les fabricants de semiconducteurs oblige aujourd’hui à considérer quatre grandes familles d’acteurs : les fabricants de mémoires (Drams et Flash), de microprocesseurs, de circuits analogiques et enfin un dernier groupe constitué des fondeurs et des fabricants de circuits logiques.
Dans chaque famille, les cycles de conjoncture qui alternent les périodes de surcapacité de production et les périodes de pénurie en faisant valser les prix, continuent leur basse besogne.
Il suffit de considérer les mémoires pour s’en persuader, illustre IC Insights: en 2006, le marché des Drams a crû de 32% avec des prix en hausse de 13% et des investissements de plus du double de la normale (+44%). La sanction n’a pas tardé et la surcapacité de produite induite a fait chuter les prix des Drams de 39% en 2007. Le cycle des microprocesseurs (un marché de 35 milliards de dollars) n’a également rien à voir avec les autres circuits : il dépend uniquement du bon vouloir d’Intel et d’AMD de se déclarer ou non une guerre des prix.
Pour asseoir son modèle, IC Insights cite l’exemple des corrections de stocks intervenues entre octobre 2006 et avril 2007 pour les circuits analogiques et les DSP dédiés aux téléphones mobiles. La correction a été sévère pour ces produits, mais elle ne s’est pas propagée aux autres familles de circuits.
En clair, il est statistiquement peu probable que quatre cycles se superposent rigoureusement dans le temps, donnant ainsi l’illusion de pouvoir atténuer la volatilité de la conjoncture en semiconducteurs. Mais cette simultanéité n’est pas à exclure et l’on pourrait alors retrouver des décrochages du marché du semiconducteur de plus de 10% ou des hausses annuelles de plus de 20%, prévient IC Insights.
La roue de fortune du semiconducteur : plus une, mais quatre !
STMicroelectronics affiche une perte nette de 477 M$ en 2007
Pour la première fois de son histoire, STMicroelectronics a dépassé les 10 milliards de dollars (8,64 milliards si l’on exclut FMG, la division mémoires qui doit rejoindre Numonyx, société commune e ncours de création avec Intel) ; mais ce record a été obtenu pratiquement sans croissance (+1,5% ; +4,3% hors FMG) et au prix d’une perte nette annuelle de 477 M$, contre un bénéfice de 782 M$ en 2006.
Cette perte provient essentiellement de charges liées au désengagement en cours de la division mémoires FMG. Carlo Bozotti, President and CEO de STMicroelectronics, reconnaît que le bénéfices financiers engendrés par l’amélioration de la compétitivité du porte-feuille de produits de l’entreprise, un meilleur rendement des capitaux utilisés et une structure de coût optimisée ont été pratiquement totalement absorbés par la chute du dollar. « A taux de change constants, notre bénéfice d’exploitation en 2007, hors coûts de restructuration et charges d’amortissement, aurait été supérieur de 310 M$ à celui publié (683 M$) et plus élevé de 210 M$ à celui de 2006 », commente-t-il.
ST va poursuivre la baisse de ses investissements en 2008, avec l’objectif de les ramener à environ 10% de ses ventes. Cette stratégie « fab-light » a déjà été engagée en 2007, avec des investissements industriels de 1,14 milliard de dollars (11,4% des ventes), largement inférieures à ceux de 2006 (1,53 milliard, soit 15,6% des ventes). Par ailleurs, ST a investi 1,8 milliard de dollars dans la R&D l’an dernier, contre 1,67 milliard en 2006.
En excluant la division mémoires, ST a réalisé 32% de ses ventes dans les télécoms en 2007, ainsi que 17% dans chacun des secteurs suivants (automobile, grand public, informatique, industriel et autre). L’industriel aura ainsi progressé de 8%, l’automobile et le grand public de 4%, alors que les télécoms ont reculé de 1% et l’informatique de 2%.
En ligne avec la saisonnalité des ventes, ST ambitionne de réaliser un chiffre d’affaires en baisse séquentielle de 5% à 11% au 1er trimestre, la valeur médiane représentant néanmoins une hausse de 11% par rapport au 1er trimestre 2006. Lors du 4e trimestre 2007, ST a enregistré un CA de 2,74 milliards de dollars, en hausse séquentielle de 6,9%.
Avec des ventes en chute, Qimonda s’enfonce dans les pertes
Mieux vaut ne pas être exposé à la baisse des prix des mémoires : l’Allemand Qimonda, filiale d’Infineon, en fait la démonstration avec une perte nette trimestrielle de 598 M€, contre une perte de 265 M€ trois mois plus tôt et un bénéfice de 177 M€ lors du même trimestre de l’exercice précédent.
Le chiffre d’affaires suit bien évidemment la même pente glissante : 513 M€ , soit 28% de moins que lors du trimestre précédent et –56% par rapport à il y a un an.
« Le prix moyen des Drams que nous vendons a chuté de 40% au cours du dernier trimestre et de 72% par rapport au même trimestre de l’exercice précédent », commente Qimonda. La forte hausse des ventes en nombre de bits (+73% sur un an et +27% en trois mois) et le passage à des technologies de production plus fines donc plus rentables n’auront pas permis de résister à cette onde de choc. Qimonda va d’ailleurs réduire ses investissements de 250 M€ cette année pour les ramener entre 400 et 500 M€, en gelant notamment son projet d’une unité de production sur tranches de 300 mm de diamètre à Singapour.
Les ventes annuelles de TI ont reculé de 3% en 2007
Texas Instruments publie un chiffre d’affaires annuel de 13,83 milliards de dollars, en baisse de 3% par rapport à 2006, en raison de la baisse de ses ventes de microprocesseurs Risc, de semiconducteurs pour téléphones mobiles et de puces à miroirs (DLP), que n’a pu compenser la hausse des ventes de circuits analogiques.
Son bénéfice net a atteint 2,66 milliards de dollars, en forte baisse par rapport aux 4,34 milliards de 2006 qui intégraient, il est vrai, un gain de 1,7 milliard liée à la vente de la division capteurs & contrôle.
Sur l’ensemble de l’année, TI a réalisé un CA de 13,31 milliards de dollars dans les semiconducteurs (-3%), dont 5,29 milliards dans les circuits analogiques (+1%), 5,07 milliards dans les DSP (-2%) et 2,95 milliards dans les autres circuits (-12%) avec des évolutions contrastées suivant les produits (hausse des ventes de microcontrôleurs, stabilité pour les circuits logiques standards, baisse dans les microprocesseurs Risc et les puces DLP). Le bénéfice d’exploitation de la division a progressé de 52 M$ pour atteindre 3,88 milliards de dollars, soit 29,2% des ventes.
Au cours du dernier trimestre, les ventes de la division ont été pratiquement stables séquentiellement et en hausse de 3% par rapport au 4e trimestre 2006, à 3,48 milliard de dollars. Pour le premier trimestre, TI prévoit de réaliser un CA compris entre 3,2 et 3,46 milliards de dollars dans les semiconducteurs.
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