L'essentiel Jeudi 08 Octobre @ VIPress.netUne reprise en W serait un moindre mal pour l’Europe à la traîne du reste du monde
Que retenir de l’Europartners Distribution Conference 2009 consacrée cette année à « l’industrie des composants après la crise », qui a réuni sur deux jours à Paris une soixantaine de décideurs, principalement du monde de la distribution, pour réfléchir aux meilleures pratiques à mettre en œuvre pour sortir gagnant et renforcé de la crise ? Pour ne pas avoir assisté, faute de temps, à l’intégralité des débats, nous n’aurons pas l’outrecuidance de tirer des plans sur la comète, laissant aux auditeurs de la conférence la teneur de leurs échanges ; fidèle à notre ligne éditoriale, nous vous proposons néanmoins ci-après quelques courts articles, abondamment illustrés, pour vous donner les éléments du constat et de la profondeur de la crise et vous aider à vous forger votre propre analyse.
Ce qui inquiète la profession, c’est qu’alors qu’une reprise se dessine au niveau mondial, comme en témoignent les ventes de semiconducteurs au deuxième trimestre, l’Europe en est cruellement à l’écart, comme la montré Gene Conahan, président de TTI Europe. Pour autant, le spécialiste de la distribution des composants passifs est persuadé que la part de la distribution dans les ventes de composants en Europe va progresser, passant d’un peu plus de 25% actuellement à près de 40% à l’horizon 2013…
Comment dans ce contexte analyser la teneur de la reprise qui semble se dessiner dans le monde. A tout prendre, le scénario d’une reprise en « W » détaillé par Mark Jones, COO d’Omron Electronic Components Europe, serait déjà une bonne nouvelle pour le Vieux Continent : une reprise liée au restockage et aux mesures incitatives de relance prises par les gouvernements, avant une nouvelle correction qui précédera une réelle reprise à partir de 2010. C’est en tout cas avec cette grille de lecture en tête que nous tenterons de décrypter l’actualité de l’industrie électronique au cours des prochains mois.
Production en électronique : la France et la Finlande font jeu égal en Europe
En 2008, la production européenne en électronique a représenté 272,5 milliards d’euros, selon l’ANIE, -la fédération italienne des industries électroniques et électriques-, dont les données ont été agrégés à partir des statistiques d’Eurostat ; si l’Italie ne représente plus que 8% la production électronique en Europe, on retiendra, pour notre part, que la France, malgré le pessimisme ambiant, est encore le deuxième pays producteur en Europe, avec 13% des fabrications.
Certes, l’Allemagne est loin devant (29%). On notera que la Finlande occupe une surprenante troisième place (avec 12% du total), dépassant le Royaume-Uni (10%) dans le traditionnel trio de tête de l’électronique européenne. Le poids de Nokia y est sans doute pour beaucoup et le fait que le numéro un mondial des téléphones mobiles ait décidé cette année de rapatrier en interne la majeure partie de ses productions au détriment de ses sous-traitants devrait, pour 2009, renforcer le poids de la Finlande dans le concert européen. Même si Nokia a aussi des usines partout dans le monde.
Ancienne tête de pont des entreprises américaines des technologies de l’information et des communications, l’Irlande occupe encore une enviée sixième place avec 6% de la production européenne. Mais sa position décline, comme en témoigne la fermeture emblématique d’une usine de Dell délocalisée en Pologne. Parmi, les poursuivants, la Hongrie se distingue comme le champion des anciens pays de l’Est, abritant 5% des fabrications européennes.
(*) Cette présentation a été faite par l’Assodel, la branche italienne de l’IDEA, l’association internationale des distributeurs en électronique, dans le cadre de la conférence « Electronic Components Industy after the crisis » organisée à Paris par Europartners Consultants.
Le marché français de la distribution devrait reculer de 15% au deuxième semestre
La situation s’améliore sur le marché français de la distribution de composants électroniques, ou disons plutôt qu’elle a cessé d’empirer ; ainsi, selon la présentation effectuée par Didier Goguelin, p-dg de Radiospares et vice-président du SPDEI, -le Syndicat Professionnel de la Distribution en Électronique Industrielle-, le marché français de la distribution devrait reculer de 15% au deuxième semestre par rapport aux six derniers mois de 2008, alors qu’au premier semestre, la chute avait été de 25% par rapport au premier semestre de 2008.
Le SPDEI ne voit pas de retournement de conjoncture avant au mieux l’an prochain. A deuxième trimestre, les facturations des distributeurs en France ont représenté 121 millions d’euros (pour 118 M€ de commandes), soit 14% de moins qu’au premier trimestre 2009 et 26% de moins qu’au deuxième trimestre 2008.
Dans un contexte où les productions de grands volumes continuent de quitter l’Hexagone, les frontières entre les différents types de distributeurs s’estompent. Les grands distributeurs internationaux traitent des commandes de plus petites quantités, les cataloguistes augmentent la taille de leurs commandes, les distributeurs régionaux et les spécialistes augmentant également le champ d’intervention dans un marché qui devient de plus en plus fragmenté. Tel est l’analyse du SPDEI. Alors que l’industriel et l’automobile, -deux secteurs qui représentent encore 65% du marché de la distribution-, sont fortement ébranlés par la crise, les distributeurs cherchent à créer de la valeur en adressant de nouveaux segments de marché que sont le médical, le transport, les économies d’énergies, l’éclairage, etc. En ce sens, le SPDEI soutient à 100% les actions de la filière (FIEEC), a expliqué Didier Goguelin à ses collègues européens.
(*) Cette présentation a été faite par le SPDEI, la branche française de l’IDEA, l’association internationale des distributeurs en électronique, dans le cadre de la conférence « Electronic Components Industy after the crisis » organisée à Paris par Europartners Consultants.
Avec plus de trente membres, le SPDEI représente environ 70% du marché français de la distribution, un marché qui a reculé de 17% en 2008, à 850 millions d’euros. Le CA cumulé des membres de l’organisation professionnelle a, pour sa part, baissé de 14% à environ 600 M€.
Le marché européen de la distribution a décroché de près de 40% en deux ans
Reprenant les statistiques de l’IDEA, l’association internationale des distributeurs en électronique, Georg Steinberger, vice-président Communications d’Avnet EMEA, a montré durant sa présentation à l’Europartners Distribution Conference 2009 que le marché européen de la distribution des composants électroniques a perdu 37,4% de sa valeur depuis le premier trimestre 2007, passant ainsi d’un volume de facturations trimestrielles de 1711 M€, à seulement 1071 M€ au deuxième trimestre 2009.
Lena Norder, de l’IM Association, -la branche « nordique » de l’IDEA qui rassemble la Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark-, souligne également ce gouffre. Pour la dirigeante suédoise, même si les pays nordiques et le Royaume-Uni s’en sortent mieux que l’Italie, la France (-20,19%) et l’Allemagne, le décrochage est sévère quand on compare pour ces pays les ventes des trois dernier trimestres, par rapport aux ventes des trois mêmes trimestres un an plus tôt.
Adam Fletcher, président de l’Adfec, le syndicat des distributeurs britanniques, met en avant le renchérissement de la livre sterling face au dollar et à l’euro pour expliquer les problèmes de compétitivité de la distribution outre-Manche, dans un contexte où les clients voudraient de plus en plus, à l’instar de Gilles Benhamou, président du groupe de sous-traitance Asteel Flash, une harmonisation des prix au niveau mondial. Alors qu’au premier semestre, le marché britannique de la distribution a cédé 15,3% par rapport au premier semestre 2008, la situation semble s’améliorer dans la seconde moitié de l’année, ramenant la prévision de l’Afdec sur l’ensemble de 2009 à une baisse comprise entre –10,9% à –12,8%.
(*) Ces présentations ont été faite dans le cadre de la conférence « Electronic Components Industy after the crisis » organisée à Paris par Europartners Consultants.
Fusion taïwanaise en petits écrans LCD
Les fabricants d’écrans LCD taïwanais Innolux Display et TPO Displays viennent d’annoncer leur fusion dans le cadre de huit actions TPO pour une action Innolux ; le nouvel ensemble est spécialisé dans les écrans LCD de petit et moyen format, pour téléphones mobiles notamment.
TPO est issu de la fusion en juin 2006 de Toppoly Optoelectronics et de Philips Mobile Display Systems (MDS). A l’époque, Toppoly possédait des usines à Taïwan et en Chine pour la production d’afficheurs pour terminaux mobiles en technologie LTPS (procédé basse température sur silicium polycristallin) et AMOLED (écrans organiques Oled à matrice active). Philips apportait à TPO son porte-feuille de propriété intellectuelle dans le domaine, ses technologies développées en coopération avec Philips Research et sa base de clientèle.
Pour sa part, Innolux Display a réalisé un chiffre d’affaires cumulé de 117,137 millions de dollars taïwanais (3,65 M$) de janvier à septembre, en baisse de 7,88% par rapport au neuf premiers mois de 2008.
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