L'essentiel Vendredi 29 Mai @ VIPress.netLe marché européen de la distribution de semiconducteurs s’est effondré de 26,3% au premier trimestre
Le marché de la distribution européenne de semiconducteurs a enregistré au premier trimestre son plus faible niveau d’activité depuis le quatrième trimestre 2003 : selon les statistiques de la DMASS, Distributors’ and Manufacturers’ Association of Semiconductor Specialists, les ventes du premier trimestre 2009 affichent en effet une chute de 26,3%, à 992 millions d’euros, par rapport au premier trimestre 2008 ; en France, le recul a été limité à 17,3% pour un marché de seulement 91 millions d’euros.
Parmi les grands pays, seule la France affiche un recul inférieur à 20% au premier trimestre : le marché allemand de la distribution de semiconducteurs a en effet chuté sur un an de 27,2%, à 329 M€, ; au Royaume-Uni, la chute atteint 24,6% pour des ventes trimestrielles de 86 M€. Et que dire du marché italien qui s’est effondré sur un an de 34,3%, à 116 millions d’euros. Même le marché d’Europe de l’Est s’est effondré de 29%, à 93 M€, se retrouvant ainsi derrière le marché des pays nordiques (-23,4%, à 94 M€).
Toutes les familles de produits ont vu leur ventes trimestrielles reculer par rapport aux trois premiers mois de 2008. Les ventes européennes de circuits analogiques on chuté de 25,2%, à 275 millions d’euros ; celles de microprocesseurs et de microcontrôleurs ont chuté de 29,4%, à 221 M€. La chute des ventes de mémoires de circuits logiques programmables a, en revanche, été inférieure à 20%. Seuls les DEL, les mémoires flash et les DSP ont enregistré un recul de leurs ventes trimestrielles inférieur à 10%. Les pires résultats ont été enregistré dans les circuits logiques standards (-34,8%) et les discrets (-31,8%).
Fondée en 1989, la DMASS compte à ce jour 33 membres actifs et représente, suivant les pays, entre 80% et 85% du marché européen de la distribution.
Le FSI investit 160 M€ d’argent public dans Gemalto
Quelques jours après investi 10 M€ au capital de 3S Photonics (composants optoélectroniques), le Fonds stratégique d’investissement annonce cette fois détenir environ 8% du capital de la société Gemalto, suite à l’acquisition d’une participation auprès de TPG Capital pour un montant proche de 160 millions d’euros ; leader mondial dans le domaine de la sécurité numérique et principalement basé en France, Gemalto est une entreprise stratégique pour les pouvoirs publics qui a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 1,68 milliard d’euros et emploie 10 000 personnes dans 40 pays.
En devenant un des premiers actionnaires de la société, le FSI demandera un siège au conseil d’administration de la société afin de jouer un rôle actif dans la gouvernance de l’entreprise. En clair, la France considère que la technologie de la carte à puce est stratégique et ne veut pas laisser filer cette expertise française à l’étranger.
« Gemalto est une entreprise jouant un rôle clé au regard de la compétitivité de l’économie française et contribue au développement d’une filière technologique de l’identité et la sécurité numérique et au renforcement d’un tissu de sous-traitants français et européens », justifie le FSI.
Gemalto opère sur les marchés en forte croissance de la téléphonie mobile, de la protection de l'identité et des données, de la sûreté des cartes de crédit, des services de santé et de transport, du e-gouvernement et des programmes nationaux d’identité. La société offre ainsi aux gouvernements, aux opérateurs de téléphonie mobile, aux banques et aux entreprises une large gamme de dispositifs personnels sécurisés comme les cartes SIM des téléphones mobiles, les cartes bancaires à microprocesseur, les passeports électroniques ou les clés USB pour la protection de l'identité en ligne.
Société anonyme détenue à 51% par la Caisse des Dépôts et Consignations et 49% par l’Etat français, le FSI, qui a été créé pour faire face à la crise, intervient en fonds propres pour prendre des participations minoritaires dans des entreprises françaises porteuses de projets industriels créateurs de valeur et de compétitivité pour l’économie.
Le marché européen des passifs devrait plonger de 13% à 15% cette année
Le cabinet Décision vient de publier l’édition 2009 de son étude annuelle sur le marché des composants passifs et d’interconnexion, un marché qui a représenté en Europe respectivement 6,6 milliards d’euros et 18,5 milliards en 2008 ; cette année, le marché européen des connecteurs devrait plonger de 13%, celui des condensateurs et des résistances de 13,8% et celui des composants magnétiques, piézo, quartz et filtres de 15,3%, détaille l’étude.
Selon le cabinet Décision, le marché mondial des seuls composants passifs a progressé de 1,4% en 2008, à 32 milliards d’euros, mais devrait reculer de 10% cette année. Selon la classification de Décision, le marché mondial des passifs comprend les composants magnétiques (12,5 milliards d’euros), les condensateurs (12 milliards d’euros), les filtres, les composants piézoélectroniques et les quartz (4,5 milliards d’euros) et les résistances (3,1 milliards d’euros). Malgré la crise, la Chine démontre une bonne résistance, même si la croissance de la consommation chinoise de composants passifs ralentit (+5% à +6% en 2008). Le marché mondial des composants passifs ne devrait toutefois pas retrouver son niveau de 2008 avant 2013, car Décision ne prévoit pas un retour à la croissance avant 2011.
Le marché européen des composants passifs représente, quant à lui, 6,6 milliards d’euros, soit 21% de la consommation mondiale. Le marché européen des passifs inclut les composants magnétiques (2,3 milliards d’euros), les condensateurs (2,7 milliards d’euros), les filtres, les composants piézoélectroniques et les quartz (980 millions d’euros) et les résistances (680 millions d’euros). En particulier, le marché européen des condensateurs et des résistances a représenté 3,36 milliards d’euros en 2008, en hausse de 2,4% par rapport à 2007. Cette année, Décision table une chute de 13,8% de ce marché, et à moyen terme (entre 2008 et 2013) sur une baisse annuelle moyenne de 2%. Pour le reste des composants passifs (composants magnétiques, piézo, quartz, filtres), la consommation européenne a progressé de 0,6% en 2008, à 3,24 milliards d’euros, et devrait plonger de 15,3% cette année (-4% par an en moyenne entre 2008 et 2013).
Pour sa part, le marché européen des composants d’interconnexion (connecteurs, circuits imprimés, circuits hybrides, modules multipuces, claviers, commutateurs) a représenté 18,5 milliards d’euros en 2008, soit 23% de la consommation mondiale. Le marché européen des circuits imprimés a représenté 6,9 milliards d’euros (soit 21% du marché mondial), celui des connecteurs 6,7 milliards d’euros (soit 25% du marché mondial), celui des hybrides et modules multipuces 2,8 milliards d’euros (28% du marché mondial) et celui des claviers et commutateurs environ 2 milliards d’euros (soit 23% du marché mondial).
Pour les connecteurs uniquement, le marché européen a progressé de 3,9% en 2008, à 6,7 milliards d’euros, mais devrait chuter de 13% cette année ; ce marché devrait toutefois croître en moyenne de 0,9% par an entre 2008 et 2009, selon le cabinet d’études. Au niveau mondial, le marché des connecteurs a progressé de 5% en 2008, à 27 milliards d’euros, mais devrait chuter de 7% cette année (dont –25% au premier trimestre, - 15% au deuxième trimestre et une reprise dans la seconde moitié de l’année). Décision table sur une reprise du marché mondial des connecteurs dès 2010, avec une progression de 2%.
Répartition du marché européen des composants passifs et d’interconnexion en 2008
Gartner prévoit un rebond de 4,9% du marché des semiconducteurs au deuxième trimestre
Cette année, le marché mondial des semiconducteurs devrait chuter moins lourdement que prévu : Gartner, qui au premier trimestre tablait encore sur un trou d’air de 24,1%, vient de ramener sa prévision à seulement –22,4%, pour un marché qui descendrait alors à 198 milliards de dollars ; le cabinet d’études prévoit notamment un rebond de 4,9% des ventes au deuxième trimestre.
Gartner justifie cette embellie par les livraisons de PC au premier trimestre qui ont été meilleures que prévu, même si cette amélioration des ventes de microprocesseurs s’explique davantage par un déstockage trop fort de la part des constructeurs informatiques qu’il a fallu corriger, plutôt que par une hausse réelle de la demande de PC des clients.
Pour l’ensemble de l’année, Gartner prévoit désormais que le marché des circuits dédiés (ASSP) devrait reculer de 24,2%, à 51,9 milliards de dollars. Celui des mémoires devrait reculer de 16,8%, à 39,4 milliards. Le marché des microprocesseurs, microcontrôleurs et des DSP devrait pour sa part chuter de 23,6%, à 37,3 milliards de dollars.
Notons que Gartner a enlevé les cellules photovoltaïques de sa prévision du marché du semiconducteurs, puisque les cellules solaires ne sont pas des composants que l’on intègre dans un système électronique. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons créé [L]http://www.lechodusolaire.fr|l’Echo du Solaire[/L], un hebdomadaire que vous pouvez recevoir gratuitement chaque semaine, en vous [L]http://www.lechodusolaire.fr/inscription.html|abonnant ici[/L].
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